Nicolas Teyssandier, de Tulle à l'archéologie en Mongolie
Chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de Toulouse et spécialisé des équipements en pierre taillée, Nicolas Teyssandier a présenté jeudi soir à Tulle son dernier ouvrage Nos premières fois dans lequel le premier feu, le premier outil, le premier enterrement... sont expliqués au lecteur. Mais quels sont ses liens avec la Corrèze ?
Des vacances d'enfance près de TulleLe quadragénaire dont les origines sont Tullistes mais qui a grandi en région parisienne, n’explorait pas le sol du jardin parental de la demeure de Vitrac-sur-Montane. « C’est là que j’ai passé toutes mes vacances d’enfance, se souvient le chercheur. Mes parents et grands-parents étaient de Tulle. Alors j’ai plein de souvenirs dans la ville. Mes grands-parents avaient une maison près de la gare. » Désormais, il revient une à deux fois par an en Corrèze.
Une première campagne de fouilles faite en Dordogne
Sa passion pour les fouilles n’est pas corrézienne. Elle est née en Dordogne, près de Bergerac, sur un site paléolithique. Grâce à une rencontre. « J’ai fait une faculté de sciences humaines à Nanterre, cela touchait un peu à tout, je n’avais pas d’attraction particulière. Et puis, j’ai eu un professeur de préhistoire qui a organisé un stage de fouilles en Dordogne. C’était en 1994. J’y ai fait plein de rencontres, on vivait tous ensemble. Ce fut une rencontre avec le terrain, une expérience humaine riche qui m’a encouragé à me consacrer aux fouilles. »Au fil des années, Nicolas Teyssandier s'est spécialisé sur les équipements en pierre taillée : « Comment sont-elles faites, en fonction de l’usage que l’on veut leur donner, d’où viennent-elles, comme se transmet ce savoir-faire ? Ce sont toutes ces questions qui m’intéressent. En préhistoire, on peut parler de toutes les facettes de l’être humain, d’échanges, de pensées, d’intelligence. C’est tout cela qui me passionne », précise le chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de Toulouse, qui encadre des thèses et des fouilles actuellement en Ardèche, après avoir cherché dans le sol mongole pendant plusieurs années.
Il n'a jamais fouillé en CorrèzeAprès plus de vingt ans consacrés aux fouilles, que cherche encore ce spécialiste de la préhistoire ? « On ignore encore ce que certaines pierres taillées représentent, assure-t-il. C’est pourquoi on fait appel à de nouvelles recherches avec des analyses physiques, la datation… Et il faut faire de nouvelles fouilles pour obtenir de nouvelles données et ainsi continuer à faire avancer la connaissance. » Et obtenir des « petites découvertes » comme le rêve chaque archéologue : « Faire une découverte, c’est le Graal, reconnaît-il. Je n’ai pas fait de grandes découvertes, plutôt des petites choses. Modestement, fouiller un nouveau site qui n’a jamais été exploré, a un côté pionnier intéressant. » Fouillera-t-il un jour en Corrèze, sa terre familiale ? « Le hasard a fait que ce n’est jamais arrivé alors que le laboratoire auquel j’appartiens a déjà travaillé à La Chapelle-aux-Saints et à la grotte Bouyssonie à Brive. Ca ne s’est pas fait, tout simplement », sourit le quadragénaire. Une expérience à venir ?
Nicolas Teyssandier vient de publier aux Editions La ville brûle, l'ouvrage Nos premières fois. "Ces trente petites histoires sont un prétexte pour raconter les premières fois qui remontent à la préhistoire : le premier outil, le premier feu, le premier enterrement... Je voulais trouver une trame narrative un peu originale. C'est plus accessible. C'est aussi un moyen de sortir du livre d'histoire qui peut être aride, on peut faire une lecture non linéaire, choisir de lire une histoire, pas l'autre..."
Estelle Bardelot
