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Июнь
2025

Après l’attaque israélienne, le programme nucléaire iranien pourrait s’accélérer

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A Mascate, tout était prêt. La capitale du sultanat d’Oman s’apprêtait à accueillir un nouveau cycle de négociation, à partir du 15 juin, entre les diplomates américains et iraniens. Au menu : le programme nucléaire développé depuis des décennies par Téhéran, que Washington et les Occidentaux souhaitent limiter à des activités civiles et pacifiques. Mais les échanges n’auront pas lieu. Prenant le régime des Mollah par surprise, Israël a lancé le 13 juin une campagne aérienne d’une ampleur inédite sur différents sites nucléaires de l’Iran, assassinant également ses plus hauts chefs militaires. Une menace longtemps proférée et finalement mise à exécution.

Alors que la poussière des frappes israéliennes n’est pas encore retombée, il est encore difficile de connaître l’ampleur des dommages. Le premier ministre Benyamin Netanyahou espère "l’élimination" du programme nucléaire de l’Iran, dont le régime a juré la perte d’Israël dès 1979. Il pourrait, a contrario, avoir poussé la République islamique à poursuivre son dessein atomique dorénavant sans retenue, quand bien même le temps nécessaire à la fabrication d’une première bombe nucléaire se trouve rallongé.

Les autorités israéliennes ont justifié l’attaque par une "accélération majeure" du programme iranien. En mars dernier, la directrice du renseignement américain, Tulsi Gabbard, affirmait a contrario que l’Iran ne cherchait pas activement à se doter de l’arme nucléaire. "On ne sait pas où les Iraniens en sont sur leur capacité à produire une ogive, mais l’évaluation des services américains, français et même israéliens, selon certains, était que le guide suprême n’était pas favorable à une vraie bombe, par crainte des représailles, pointe le chercheur Cyril Gelibter. Il y a toujours eu des exagérations sur leur programme, comme lorsque le directeur de la CIA, Robert Gates, prétendait en 1992 devant une commission sénatoriale que si rien n’était fait l’Iran pourrait détenir la bombe atomique à la fin de la décennie."

Jusqu’à présent, l’Iran était considéré comme un Etat "sous le seuil" de production d’une arme nucléaire. "On estimait qu’il lui fallait une à deux années pour y parvenir, ce qui est néanmoins assez court, compte tenu de la complexité d’un tel armement, rappelle Héloïse Fayet, chercheuse à l’Ifri et spécialiste des questions nucléaires. Mais les Iraniens, qui se reposaient sur ce statut particulier pour dissuader toute attaque contre eux, avaient prévenu que des frappes sur leurs installations les amèneraient à se retirer du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires." On y est.

Photo diffusée par l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, le 6 novembre 2019, de l'entrée du centre de recherche nucléaire de Natanz

Pour produire une bombe comme celle larguée par les Américains à Hiroshima, il faut de l’uranium enrichi. L’Iran dispose officiellement de deux usines d’enrichissement comptant des milliers de centrifugeuses à même d’en produire, à Natanz et Fordo. Si ces deux sites ont été touchés par les frappes israéliennes, le régime assure que les dégâts causés "ne sont pas importants". C’est d’autant plus plausible qu’ils sont enfouis sous terre. Fordo se trouverait à une profondeur inatteignable pour les bombes anti-bunker les plus puissantes, les GBU-57 américaines, capables de frapper à 60 mètres sous terre.

D’autres sites nucléaires auraient été touchés, comme celui d’Ispahan. L’armée israélienne affirme y avoir "démantelé une installation de production d’uranium métal [la matière fissile d’une bombe atomique], des infrastructures de reconversion de l’uranium enrichi, des laboratoires et d’autres infrastructures". Plusieurs scientifiques impliqués dans le programme ont été également tués dans les attaques coordonnées menées par Israël. Ce n’est pas une nouveauté : plusieurs avaient été éliminés ces dernières années par les commandos du Mossad.

Ces efforts peuvent-ils payer ? A terme, pas certain. "Même si Fordo est détruit, l’Iran peut encore reconstituer son programme, explique dans une note James Acton, du groupe de réflexion américain Carnegie Endowment for International Peace. Si des scientifiques iraniens peuvent être tués, les connaissances sur l’enrichissement sont largement dispersées en Iran." Selon lui, "l’incertitude concernant le programme iranien risque désormais de rester omniprésente". L’Iran pourrait refuser les inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique, auquel l’oblige le Traité de non-prolifération, dont il pourrait finalement se retirer. Elle suivrait alors le chemin de la Corée du Nord, aujourd’hui détentrice d’une cinquantaine d’ogives nucléaire.















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