Renault dévisse en Bourse après l’annonce du départ de son directeur général Luca de Meo
L’action Renault perdait plus de 6 % et celle de Kering bondissait de 6 % lundi 16 juin, en début de séance à la Bourse de Paris, au lendemain de l’annonce par le constructeur automobile français du départ de son directeur général. Luca de Meo est pressenti pour prendre les rênes du géant du luxe français Kering, qui n’a, pour le moment, ni confirmé ni démenti. A 09h20, Renault cédait 6,71 %, à 40,10 euros, et Kering gagnait 6,05 %, à 183,08 euros, dans un marché en hausse de 0,44 %.
Le groupe automobile a annoncé dimanche soir le départ de son directeur général, l’Italien francophone Luca de Meo, après cinq ans à la tête de la marque au losange. Il va quitter le groupe "afin de relever de nouveaux défis en dehors du secteur automobile", a indiqué l’entreprise.
Selon Le Figaro, le dirigeant de 58 ans va prendre la direction générale de Kering, dont l’actionnaire majoritaire et actuel PDG François-Henri Pinault a décidé de remanier la direction pour ne conserver que la présidence, d’après une information du magazine Challenges. Contacté par l’AFP, Kering n’a pour le moment donné aucune indication sur ce sujet.
Les ventes de Kering, plombées depuis plusieurs trimestres par sa marque phare Gucci, ont continué de baisser au premier trimestre 2025, tombant à 3,88 milliards d’euros (-14 %), après une chute de 62 % de son bénéfice net et de 12 % de son chiffre d’affaires en 2024. Depuis le 1er janvier, l’action de Kering a perdu le quart de sa valeur.
Cinq ans chez Renault
Luca de Meo va quitter le groupe Renault "afin de relever de nouveaux défis en dehors du secteur automobile", a annoncé l’entreprise dans un communiqué dimanche soir, précisant que son départ sera "effectif le 15 juillet".
Excellent communicant, pro du marketing, Luca de Meo avait trouvé, lors de son arrivée à la tête de Renault en 2020, une entreprise traumatisée par plus d’un an de crise, dans le sillage de l’affaire de son ex-dirigeant Carlos Ghosn, entre chute des ventes et cadres dépités qui claquaient la porte. Il a accéléré l’électrification du constructeur, également propriétaire des marques Dacia, Alpine et Lada, et sa montée en gamme pour tenter de sortir le groupe de l’ornière. Selon les derniers résultats publiés en avril, le chiffre d’affaires de l’entreprise française est resté stable au premier trimestre, à 11,7 milliards d’euros (-0,3 %), avec une hausse des ventes de voitures électriques et hybrides.
"Pendant 5 ans, Luca de Meo a œuvré pour remettre Renault Group, là où est sa place. Sous son leadership, notre entreprise a retrouvé une base saine, elle dispose aujourd’hui d’une magnifique gamme de produits et a renoué avec la croissance", a affirmé Jean-Dominique Senard, le président du conseil d’administration de Renault, cité dans le communiqué du groupe.
Fils d’un banquier d’affaires, ayant vécu dans 12 pays, Luca de Meo a démarré sa carrière chez Renault. Il est ensuite passé à la direction de Fiat, où il a relancé avec succès la petite 500, avant de redynamiser Seat pour le groupe Volkswagen.
Le départ de Luca de Meo s’inscrit dans le sillage d’une vague de départs au sein de l’alliance avec Nissan : le groupe a officialisé mi-avril le départ de Jean-Dominique Senard du conseil d’administration du groupe japonais, dont Renault détient toujours 35 % du capital et 15 % des droits de vote. Il s’accompagne de celui de Pierre Fleuriot, représentant de la marque au losange au sein du conseil d’administration du groupe.
