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Июнь
2025

Ehud Olmert : "Benyamin Netanyahou a aussi déclaré la guerre au peuple israélien"

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Ehud Olmert n’a pas dit son dernier mot. À l’heure où la résolution du conflit israélo-palestinien se trouve dans une impasse, celui qui fut maire de Jérusalem et Premier ministre de 2006 à 2009 – après Ariel Sharon et avant Benyamin Netanyahou – est l’un des rares à encore entrevoir une lueur d’espoir. C’est ce qu’est venu dire avec force le fringant septuagénaire dans le cadre du lancement, à Paris, de l’Atlantic Middle East forum [NDLR : un nouveau think-tank dédié à l’analyse stratégique du Moyen-Orient]. Il était accompagné du diplomate Nasser al-Kidwa, ex-ministre des Affaires étrangères de la Palestine (2005-2006) et neveu de Yasser Arafat. "La "solution à deux Etats" est encore possible, assure l’ancien chef de gouvernement. Mais il y a une condition préalable : "Il faut que Benyamin Netanyahou s’en aille."

L'Express : Dans une récente tribune, vous évoquez les "ennemis de l’intérieur" d’Israël. Qui sont-ils ?

Ehud Olmert : Certains sont des colons. D’autres, des partisans des colons qui commettent des atrocités quotidiennement en Cisjordanie contre des innocents. Ils sont représentés au gouvernement par le ministre de la Sécurité nationale, M. Ben Gvir, et par le ministre des Finances, M. Smotrich. Il y a aussi des membres de la Knesset comme Zvi Sukkot qui a été interviewé à la télévision israélienne l’autre jour : "A Gaza, il y a eu cent morts civils la nuit dernière, dont des enfants." Sa réponse a été la suivante : "Et alors ? Pourquoi cela devrait-il nous importer ? Ils sont morts, c’est tout." Ceux qui défendent de telles politiques, qui appellent à l’élimination de l’ensemble de la population de Gaza, ou encore à leur priver des besoins humanitaires fondamentaux, sont les véritables ennemis de l’intérieur, car ils remettent en cause les fondements moraux mêmes de l’État d’Israël.

Cela vaut-il aussi pour Netanyahou ?

Netanyahou est leur complice. Il est leur partenaire. Il ne peut pas se décharger de la responsabilité qu’il porte en tant que dirigeant, puisqu’il leur offre l’opportunité de représenter l’Etat d’Israël. C’est lui qui leur fournit l’infrastructure, la plateforme sur laquelle ils peuvent bâtir leur réputation et promouvoir leur politique. Il est aujourd’hui clair pour moi que Netanyahou a déclaré la guerre à l’Etat d’Israël et à son peuple.

Netanyahou est-il en train de faire d’Israël un Etat paria ?

Je suis convaincu que, partout dans le monde, lorsque la communauté internationale critique Israël, elle vise en réalité le gouvernement israélien, et non l’État d’Israël ou le peuple israélien. Je crois qu’il existe une déception généralisée car on a le sentiment que la direction actuelle n’est pas à la hauteur de l’héritage, des principes et des valeurs que nous avons défendus pendant des générations.

Netanyahou veut-il annexer Gaza purement et simplement ?

Ce qu’il pense pouvoir faire, c’est occuper Gaza, de la même façon que le sud du Liban a été occupé pendant vingt-deux ans par l’Etat d’Israël (NDLR : entre 1978 et 2000). A l’époque, nous pensions que cela garantirait notre sécurité. L’inverse s’est produit. Nous avons perdu des centaines de soldats israéliens et le Hezbollah s’est renforcé pour passer d’une organisation terroriste marginale à une quasi-armée dotée de capacités offensives qui a menacé Israël pendant longtemps.

A Gaza, Netanyahou va maintenir une présence militaire, avec des combats, du terrorisme, des soldats israéliens, des Palestiniens innocents tués. Cela peut durer indéfiniment… Il y aura aussi évidemment une pression pour y établir des colonies.

Comprenez-vous la fuite en avant de Netanyahou ?

Non. Il n’a aucun objectif politique ou militaire atteignable. Cette notion de "victoire totale" est vide de sens. Chaque jour, de nouveaux jeunes rejoignent le Hamas, prennent une kalachnikov, s’arment d’un lance-roquettes et deviennent combattants. L’impression générale est qu’il s’agit d’une guerre personnelle du Premier ministre pour retarder le moment où il devra faire face aux conséquences politiques qui l’attendent. Ce conflit devient une guerre privée. En attendant, beaucoup de gens meurent. C’est criminel.

Est-ce un génocide ?

Non. Ce n’est pas le vocable adapté. Au sein du gouvernement ou du haut commandement de l’armée, personne n'a jamais donné l’ordre de tirer pour tuer de manière indiscriminée et méthodique. Certes, on peut dire qu’il existe une politique de destruction et qu'il y a des crimes de guerres. Mais ceci n’est pas un génocide.

En Israël, les chefs des partis d’opposition ont soumis un projet de loi de dissolution du Parlement. Les jours de Benyamin Netanyahou à la tête du gouvernement sont-ils comptés ?

D’innombrables sondages ont été réalisés. Dans aucun d’entre eux, la coalition actuelle n’obtient plus de 50 sièges. Or la Knesset compte 120 députés. Dans les sondages, plus de 60 % des personnes interrogées ne font plus confiance à Netanyahou. Ils pensent qu’il privilégie ses intérêts personnels au détriment de l’intérêt national. Même certains de ses partenaires actuels, en particulier les ultraorthodoxes, ne sont pas particulièrement convaincus par sa politique, ni par les rêves de Smotrich et Ben Gvir concernant la Cisjordanie ou l’occupation à Gaza. La raison pour laquelle ils restent avec le Premier ministre, c’est l’exemption du service militaire. Netanyahou est donc en train de montrer sa vulnérabilité et ses faiblesses.

Que proposez-vous pour Jérusalem dans le cadre de votre plan d’une solution à deux Etats ?

La ville serait divisée. La partie arabe constituerait la capitale de l’État palestinien et Jérusalem resterait la capitale de l’Etat d’Israël. La vieille ville sainte de Jérusalem ne serait placée sous la souveraineté exclusive d’aucun des deux Etats, ni d’Israël ni de la Palestine. Cette disposition concerne également le mont du Temple, considéré comme l’un des lieux religieux les plus sensibles au monde.

La proposition vise à mettre fin à la souveraineté exclusive d’Israël sur Jérusalem et à confier l’administration de la vieille ville à un trust composé de cinq États : Israël, la Palestine, l’Arabie saoudite, la Jordanie et les États-Unis. Cette formule garantirait l’accès à la vieille ville pour tous les croyants, sans qu’aucune communauté ne puisse exercer un contrôle sur une autre, qu’il s’agisse des juifs sur les musulmans ou inversement.

Selon votre plan, 4,4 % de la Cisjordanie, où se trouvent les principaux blocs de colonies israéliennes, y compris dans les alentours de Jérusalem, seraient annexés par Israël en échange de territoires de taille équivalente à l’intérieur d’Israël. Est-ce vraiment réaliste dans le contexte actuel ?

Le rôle du gouvernement est de réaliser ce qui est difficile. Lorsqu’un autre exécutif sera en place, il disposera du pouvoir nécessaire pour le faire. Il faut bien comprendre qu’aujourd’hui le solde migratoire en Cisjordanie est négatif : plus d’Israéliens quittent la Cisjordanie pour retourner en Israël dans ses frontières de 1967 que de nouveaux colons ne s’y installent.

Selon nos estimations, 82 % des Israéliens vivant au-delà de la "ligne verte" (NDLR : la ligne de démarcation établie après la guerre israélo-arabe de 1948-1949) résident déjà dans les 4,4 % de territoire destinés à être échangés. La question ne concernerait donc directement que les 18 % d’Israéliens vivant dans ces zones. Ces derniers pourraient choisir de rester là où ils sont et devenir résidents de l’État palestinien, à l’image des Palestiniens qui sont citoyens israéliens. Sinon, ils pourraient être relogés dans les 4,4 % du territoire annexé ou bien retourner dans les frontières actuelles de l'Etat d'Israël.

Dans une lettre adressée au président français et au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, a pris une série d’engagements, dont la démilitarisation du Hamas, avant les prochaines élections prévues dans un an. Vous dites que vous seriez prêt à discuter avec le Hamas sous certaines conditions…

Si la tête du Hamas est aujourd’hui en grande partie neutralisée, il ne disparaîtra pas complètement. Il pourrait continuer à exister s’il adhère aux trois principes énoncés par le Quartet pour le Moyen-Orient (NDLR : Etats-Unis, Russie, Union européenne et Nations unies). Ces principes sont les suivants : reconnaissance du droit d’Israël à exister ; cessation complète et définitive de toute activité terroriste ; reconnaissance de l’ensemble des accords signés entre Israël et l’Autorité palestinienne. Sur la base de ces trois conditions, le Hamas pourrait être reconnu comme un parti politique légitime et un interlocuteur. Mais s’il les accepte, il ne serait plus le Hamas tel qu’on le connaît aujourd’hui…

Que doit faire le président américain ?

Les Américains n’ont pas encore exprimé de position très explicite. En 2020, lorsque Trump a présenté son "deal du siècle" - qui ne correspondait pas à mon plan -, il a affirmé que la solution ultime devait reposer sur le principe de deux États. Aujourd’hui, il peut faire quelque chose de simple : convoquer Benyamin Netanyahou dans le bureau Ovale, l’installer face à des caméras, comme il aime tant le faire, et lui dire devant le monde entier : "Bibi, le moment est venu. Ça suffit. Tout cela doit maintenant prendre fin. Tu dois t’asseoir avec les Palestiniens, mettre un terme à la guerre, te retirer de Gaza et engager des discussions sérieuses sur une solution à deux États." Si Trump le fait, Netanyahou n’aura aucune échappatoire possible. Il serait fini.

Emmanuel Macron tergiverse sur la question d’une reconnaissance de l’Etat palestinien dans le cadre d’une conférence avec l’Arabie saoudite aux Nations unies. Que pensez-vous de cette initiative ?

En juillet 2024, lorsque nous avions publié avec le Dr Nasser Al-Kidwa (NDLR : ex-ministre des Affaires étrangères de la Palestine entre 2005 et 2006) notre déclaration commune sur la solution à deux États, pratiquement personne ne parlait de deux États au sein de la communauté internationale. Mon ami Emmanuel Macron n’en parlait pas non plus il y a encore un an. Nous l’avons rencontré. Nous lui avons présenté notre plan. Je crois que nous avons réussi à relancer un dossier gelé. Sur la question de la reconnaissance de l’Etat palestinien, il s’agit d’une simple déclaration d’intention. Mais si Macron peut amener les deux parties à s’asseoir ensemble autour d’une table, ce serait déjà un progrès.















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