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Июнь
2025

"Le diplôme n’est plus un passeport, mais un visa temporaire" : l’avertissement du patron de l’Essec

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Y a-t-il une crise du management à la française ? Vincenzo Vinzi répond à la grande enquête de L’Express. Selon lui, la formation au management en France est l’une des meilleures en Europe. Toutefois, l’approche verticale des managers tricolores "engendre de la rigidité, qui ne favorise pas la créativité". Selon lui, la qualité première d’un leader aujourd’hui est "la capacité d’adaptation et d’anticipation". L’accélération du monde et le développement des nouvelles intelligences artificielles vont "modifier la valeur du diplôme". "On ne peut plus dire, à vingt-cinq ans : 'j’ai fini mes études'", prévient celui qui a enseigné la statistique.

L’Express : Le management à la française se caractériserait par sa verticalité et sa hiérarchie. Partagez-vous cette opinion répandue ?

Vincenzo Vinzi : L’approche verticale du management à la française a fonctionné dans le passé, à une époque où les dirigeants avaient plus de visibilité sur l’avenir, avec un but à atteindre bien défini, et des tâches bien découpées. Le monde actuel se caractérise par une plus grande incertitude et un vrai besoin d’agilité. La qualité première d’un leader aujourd’hui, c’est la capacité d’adaptation et d’anticipation. On ne peut plus se contenter d’appliquer des règles préconçues. Les nouvelles générations réclament plus d’horizontalité et de dialogue, elles ne remettent pas en cause l’autorité mais elles ont besoin de moins d’autoritarisme.

D’où vient cette spécificité française ?

Les Français ont une approche très cartésienne, très structurée du management. Ils ne sont pas pour rien les enfants de Descartes. A la fois, ce raisonnement est rassurant, mais il peut engendrer de la rigidité qui ne favorise pas la créativité.

Qu’en est-il du management à l’italienne ?

En Italie, c’est l’inverse : le management est plus créatif, plus à même à s’adapter, mais il peut être plus déstructuré aussi !

Trois écoles de business françaises, dont l’Essec, figurent dans le top 10 du Financial Times. La France formerait donc bien au management ?

Il y a une excellente formation au management en France, une des meilleures d’Europe, qui allie rigueur académique, ouverture internationale et expérience professionnelle. Alors même que les grandes écoles de business comme l’Essec disposent de moyens financiers bien moindres que leurs concurrentes britanniques ! En France, la formation académique, d’excellente qualité, se nourrit d’une vision humaniste très riche. C’est pour en bénéficier que j’ai moi-même quitté l’Italie. Nous accueillons beaucoup de professeurs internationaux. 40 % de nos étudiants ne sont pas Français. Nous enseignons à 103 nationalités. En nombre d’étudiants, la Chine arrive en tête devant l’Inde et le Maroc.

Dans un entretien à L’Express, le professeur d’HEC Olivier Sibony note une autre spécificité française : l’obsession du diplôme. Qu’en pensez-vous ?

Ce n’est pas faux. Mais l’accélération du monde va modifier la valeur du diplôme. Hier encore, c’était un passeport pour la vie professionnelle, valable de longues années. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’un visa temporaire. On ne peut plus dire, à vingt-cinq ans : "j’ai fini mes études". Un étudiant diplômé doit avoir une autre mentalité, on doit lui apprendre à apprendre tout au long de sa vie, et il doit faire preuve d’humilité. Avec les nouvelles intelligences artificielles et le quantique, l’obsolescence des connaissances et des compétences va être beaucoup plus rapide. Les leaders devront acquérir sans cesse de nouvelles compétences tant techniques que comportementales, tant spécialisées que transversales. Leur vision devra être beaucoup plus holistique et leur formation transdisciplinaire. C’est dans cet esprit qu’à l’Essec nous formons nos étudiants et les cadres, qui suivent nos programmes de formation continue.

Vous préférez parler de leader plutôt que de managers. Pourquoi ?

Il existe entre un manager et un leader la même différence qu’entre un cuisinier et un chef étoilé. Tout en les connaissant parfaitement, le leader n’applique pas que des recettes. Il sait se montrer créatif, il a une capacité d’anticipation. Il doit être à l’écoute des autres. Et il se nourrit de connaissances dans d’autres domaines que le sien : la géopolitique notamment. Un domaine dans lequel l’Essec a acquis une forte légitimité. Notre Institut de recherche et d’enseignement sur la négociation (Iréné), créé en 1996, forme à la négociation et la gestion des conflits les responsables d’entreprises et les syndicalistes mais aussi les diplomates de toute l’Europe.

L’Essec est également implantée à Rabat et à Singapour. Enseigne-t-on de la même manière le leadership en Afrique du nord et en Asie ?

Il y a un fondamental universel dans la façon dont nous enseignons le leadership quel que soit le campus, c’est notre approche holistique et multiculturelle. Nous formons des leaders qui doivent être équipés d’expertises de pointe, mais qui soient en même temps capable d’embrasser une vision large des enjeux économiques, sociaux et humains. Une décision s’inscrit toujours dans un double contexte, interne et externe : pour qu’elle soit pertinente sur le long terme, il faut que le leader puisse prendre en compte ces deux dimensions. C’est pourquoi nos enseignements sont adaptés en fonction de chaque campus, pour tenir compte des réalités économiques et culturelles locales dans lesquelles évoluent les entreprises et organisations mais aussi, et c’est le plus important, les hommes et les femmes qui les font marcher et que le leader a précisément le rôle de guider !















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