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Июнь
2025

Comment financer les entreprises européennes ? La piste du non-coté

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Financer les transitions énergétique et numérique ; réindustrialiser les territoires ; augmenter les ressources dédiées à la défense ; soutenir la croissance : autant d’objectifs qui nécessitent de l’argent, beaucoup d’argent. Le besoin d’investissement supplémentaire à lui seul est évalué à 1 000 milliards d’euros par an à horizon 2030. "Or, ni les budgets publics ni les bilans bancaires ne pourront financer cet effort", prévient Christian Noyer, ancien directeur du Trésor et gouverneur de la Banque de France, dans un rapport sur les marchés de capitaux européens sorti en avril 2024.

Il y constate que la taille des marchés d’actions de l’Union européenne devrait augmenter de 60 % et que les marchés privés (non cotés) sont insuffisamment développés. "En conséquence, les entreprises européennes font face à un coût du capital plus élevé et certaines sont tentées de se tourner vers les Etats-Unis pour leur levée de fonds", poursuit le haut fonctionnaire.

Epargne mal allouée

Pourtant, la zone ne manque pas d’argent : l’épargne cumulée de ses différents pays représente une manne de plus de 35 000 milliards d’euros, soit l’équivalent de douze fois le PIB de la France ! C’est particulièrement vrai dans l’Hexagone où le taux d’épargne s’approche actuellement des 18 % selon l’Insee, contre une moyenne de 13,8 % pendant la période pré-Covid (2014-2019).

Eric Buffandeau, directeur adjoint des études et prospective du groupe BPCE, et Marion Stephan, responsable des études socio-économiques du groupe BPCE, constatent dans une étude consacrée aux placements des ménages que les motivations d’épargne restent très puissantes, notamment du fait du pessimisme des Français envers l’avenir. "La remontée d’inquiétudes spécifiques l’explique, telles que les craintes de perdre son emploi, les effets de l’imprévisibilité politique, le contexte anxiogène des tensions internationales ou encore la préoccupation pour les déséquilibres budgétaires", indiquent les auteurs.

59% de l'épargne financière des ménages en 2022 consistait en des placements liquides et garantis.

Problème : cette épargne abondante serait mal allouée. Trop de dépôts sur les comptes bancaires, trop de livrets, trop de fonds en euros en assurance-vie, au détriment du financement des entreprises. "Cette mauvaise allocation grève aussi le rendement servi aux épargnants européens, plus faible sur les titres de dette, alors que le vieillissement de la population rend la valorisation de l’épargne plus nécessaire que jamais", estime Christian Noyer.

Evangéliser le marché

Face à ce constat, les derniers gouvernements ont multiplié les évolutions législatives pour favoriser l’investissement de long terme dans les entreprises, en particulier les sociétés non cotées, le plus large réservoir de croissance. En effet, sur les 4,9 millions d’entreprises que compte la France, seules 800 sont cotées à Paris. L’assurance-vie a été une piste privilégiée, en facilitant l’intégration de fonds investis dans ces sociétés dans cette enveloppe prisée des épargnants.

A ce titre, la loi industrie verte, entrée en vigueur en octobre dernier, marque un tournant. Elle impose en effet aux assureurs de prévoir une part minimale d’unités de compte dans des entreprises non cotées (dites private equity) au sein des contrats d’assurance-vie et des plans d’épargne retraite en gestion pilotée. "Cette loi vient confirmer la volonté des autorités de drainer un maximum d’épargne dans le private equity", observe Souleymane-Jean Galadima, directeur général du multi-family office Sapians.

Mais enclencher une telle dynamique suppose de la patience. De nombreux professionnels du domaine évoquent le temps et les efforts nécessaires pour évangéliser le marché. Autrement dit, il faut convaincre les clients mais, avant eux, les conseiller. Car ces placements, qui comportent des particularités inhérentes à cette classe d’actifs, sont encore mal maîtrisés. Les produits eux-mêmes sont en pleine évolution, afin de mieux s’adapter aux contraintes et aux attentes des particuliers.

Ce développement ne doit cependant pas se faire au détriment du financement des sociétés cotées. La France fait plutôt figure d’exception au sein de l’Union européenne avec quelques fleurons de la Bourse. Ces derniers sont toutefois détenus pour moitié par des non-résidents, européens et états-uniens principalement. Et le taux de détention des actions en direct a fortement chuté depuis la crise financière de 2008 pour tomber sous la barre des 7 %.

Une lueur d’espoir, toutefois : l’Autorité des marchés financiers note un regain d’intérêt chez les jeunes. Et la détention d’épargne-retraite, particulièrement adaptée à l’investissement de long terme dans les entreprises, a connu un point haut en 2024. Des premiers pas.

Un article de notre dossier spécial Placements, publié le 19 juin.















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