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Июль
2025

Budget 2026 : ces quatre malentendus que beaucoup ont pris soin de dissimuler, par Jean-François Copé

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Les réactions très modérées des partis du "socle gouvernemental commun" à l’annonce du plan budgétaire de François Bayrou ont consacré une unanimité suffisamment rare pour être remarquée. Tous ont motivé leur position au nom de l’esprit de responsabilité et de l’exigence de ne pas brouiller le message essentiel : la France est au bord de la faillite et cette fois, ce n’est pas simplement un effet de manche. Certains ont même évoqué l’idée que le Premier ministre faisait ainsi le "sale boulot" qui n’aurait plus à être fait après l’alternance s’ils accèdent au pouvoir en 2027.

Certes disent-ils les 43,8 milliards d’euros d’économies annoncés sont une goutte d’eau face aux 1 722 milliards d’euros de dépenses publiques prévues pour 2026. Mais en décrivant une France que "l’habitude du déficit" a conduite au "surendettement", François Bayrou a incarné un moment de vérité : avoir enfin mis des mots justes sur notre addiction à la dépense publique et sur le risque majeur qu’elle représente à la moindre tension sur les taux d’intérêt. Car ceux qui nous jugent aujourd’hui, bien plus que nos partenaires européens, ce sont les marchés financiers. Mais il ne faut pas faire croire que le sale boulot aura été fait car il y a quatre gigantesques malentendus que beaucoup ont pris soin de dissimuler.

Que restera-t-il ?

Le premier malentendu tient à la nature des économies. Le gouvernement a opté pour l’argent facile : il va ponctionner les collectivités locales (5,3 milliards) et surtout augmenter fortement les impôts. Pas d’impôt nouveau, mais des contributions sur les hauts revenus qualifiées d’"exceptionnelles" pour le budget 2025… et reconduites pour 2026. Pas de hausses d’impôts officielles, mais leur augmentation mécanique grâce au gel des barèmes fiscaux ou encore à la suppression de certaines niches fiscales comme celle des retraités. Du côté des dépenses de l’Etat, seul véritable critère de courage politique, l’effort est quasi nul : seulement 3 000 postes supprimés dans la fonction publique sur les 2,5 millions que compte à elle seule la fonction publique d’Etat.

Deuxième malentendu : l’effort annoncé n’est absolument pas inscrit dans le temps long. L’objectif fixé aurait dû s’accompagner d’un véritable agenda de réformes structurelles. Sur ce point, le constat est sans appel : rien sur les retraites, rien sur le statut des fonctionnaires ou sur la réorganisation de l’appareil d’Etat. Au total les économies réalisées par la mise en place de mesures structurelles représentent à peine plus de 4 % du total. Leur absence condamne l’exercice budgétaire à une succession de plans d’économies annuels, sans vision ni transformation en profondeur. De quoi condamner d’ores et déjà le gouvernement à rejouer ce "moment de vérité" avec les Français dès l’année prochaine quitte à en faire perdre toute dramaturgie.

Le diagnostic est incontestable mais aura oublié l’essentiel : donner un cap et expliquer certes, pourquoi nous devons faire ces efforts, mais surtout ce qu’ils rendront possible demain. C’est là le troisième malentendu. Or les Français ont peur. Peur pour leur pouvoir d’achat et pour leur sécurité. Leur proposer de travailler une demi-journée supplémentaire par semaine en échange d’une forte augmentation de leurs revenus et du financement, grâce à la croissance ainsi produite, des dépenses de sécurité et du désendettement serait la seule martingale gagnante. Il aurait été beaucoup plus simple de le leur dire ainsi plutôt que de se limiter au débat sur les jours fériés. Et l’ambiguïté n’a fait que s’amplifier lorsque le ministre de l’Economie a résumé le plan d’un trait sec : "Travailler plus sans gagner plus."

Quatrième malentendu : le vote du budget à l’Assemblée. A aucun moment la question n’a été abordée. Or à deux ans de l’élection présidentielle, tout porte à croire que les votes RN/LFI seront dictés non par l’intérêt national mais par les calculs électoraux.

Alors que reste-t-il ? Un moment de vérité qui n’aura duré qu’un moment. Et le sale boulot, qui restera quoi qu’il arrive à faire, dès que nous serons sortis de ce dysfonctionnement politique cauchemardesque.

Jean-François Copé, ancien ministre, maire (LR) de Meaux















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