Oui, Donald Trump est une girouette... Surtout quand on lui résiste
Foi de trader, personne n’oubliera le 3 avril 2025. Ce jour-là, 2 500 milliards de dollars de capitalisation boursière partent en fumée, alors que Donald Trump déclare sa guerre commerciale à la planète entière. Trois mois plus tard, les actions américaines tutoient de nouveau les sommets et le président Maga écope d’un surnom, Taco ("Trump always chickens out" – Trump se dégonfle toujours). Et plus personne, à Wall Street, ne tremble devant ses annonces tapageuses.
Pour preuve, ses lettres, envoyées à 14 pays, pour la plupart asiatiques, les informant qu’ils seraient frappés d’au moins 25 % de surtaxes douanières au 1er août n’ont pas fait broncher les marchés. D’autant qu’il a précisé dans la foulée que cette décision n’était pas ferme à 100 %…
S’il faut chercher une constance dans le comportement trumpien, c’est bien cette inconstance. Revirements permanents, déclarations contradictoires… Comme ce jour où il qualifie Volodymyr Zelensky de "dictateur sans élections" sur les réseaux sociaux, avant de se raviser : "Ai-je vraiment dit ça ? Je n’arrive pas à croire que j’ai dit ça".
Imprévisible
A croire qu’il joue de cette imprévisibilité : "Je peux le faire. Je peux ne pas le faire. Personne ne sait ce que je vais faire", a-t-il clamé, le 18 juin, avant de bombarder l’Iran, trois jours plus tard. Cette fois, il ne s’est pas dégonflé. Mais il y a une explication. "Trump privilégie les engagements limités avec des objectifs atteignables, exploitant les capacités écrasantes des Etats-Unis contre des ennemis incapables de riposter", décrypte une étude du Conseil européen pour les relations internationales.
Avec Vladimir Poutine, il risque, là encore, de se déballonner. S’il doit choisir, Trump se rallie toujours au puissant. On peut donc craindre que l’ultimatum de cinquante jours qu’il a imposé au chef du Kremlin ne soit suivi d’aucune sanction réelle, contrairement à ses menaces.
Vils flatteurs bruxellois
En revanche, il pourrait bien rester inflexible dans la bataille commerciale qui l’oppose à Bruxelles. Car Trump a besoin de victoires et les Vingt-Sept, qui ne montrent pas la même détermination que Pékin dans leur bras de fer, sont une proie facile. "Alors qu’elle constitue la deuxième puissance commerciale du monde, l’Europe fait preuve d’une faiblesse incroyable devant un Trump qui ne comprend que le rapport de force, critique Jérémie Gallon, avocat, spécialiste des questions européennes. Nous nous plaçons nous-mêmes en situation de vassalisation." Petite suggestion à nos dirigeants européens : pour faire changer Trump d’avis, commencez par arrêter la modération et la flatterie…
