Administration Trump : une nomination très politique à la tête du bureau des statistiques
Donald Trump a nommé, ce lundi 11 août, E.J. Antoni - un économiste du très conservateur centre de réflexion Heritage Foundation - à la tête de la principale agence de statistiques économiques des États-Unis. La nomination du nouveau commissaire du Bureau des statistiques de l’emploi (BLS) survient près de deux semaines après que le président américain a limogé l’ex-cheffe pour avoir signalé une faible croissance de l’emploi.
Le 1er août, le président américain avait accusé sans preuves Erika McEntarfer, la précédente directrice, d’avoir "truqué" les chiffres afin de ternir l’image de l’administration Trump, exigeant son renvoi "immédiat". L’annonce avait stupéfié certains économistes et scandalisé les démocrates, soulevant des inquiétudes quant à la manière dont Donald Trump pourrait gérer la future publication des données économiques, précise le New York Times.
Veiller à des chiffres "HONNÊTES et JUSTES"
"Je suis heureux d’annoncer que je nomme l’économiste très réputé, E.J. Antoni, au poste de commissaire du Bureau des statistiques de l’emploi" (BLS), a déclaré Donald Trump sur son réseau Truth Social. "Notre économie est florissante et E.J. veillera à ce que les chiffres publiés soient HONNÊTES et JUSTES", a-t-il ajouté. Chargé des questions économiques à la Heritage Foundation, connue pour ses positions très conservatrices, E.J. Antoni a publié sur le site de ce centre de réflexion plusieurs articles favorables à la politique du président républicain.
"Il existe de meilleures façons de collecter, traiter et diffuser les données – c’est la tâche qui attend le prochain commissaire du BLS, et seule la publication constante de données précises et en temps opportun permettra de restaurer la confiance qui a été perdue au cours des dernières années", a écrit E.J. Antoni sur son compte X la semaine dernière. Le nouveau commissaire, qui devra être confirmé par le Sénat, avait déjà critiqué le bureau et remis en question ses méthodes et ses rapports, rapporte le New York Times.
Le BLS revoit de manière régulière, à la hausse ou à la baisse, les données de l’emploi après la publication initiale, parfois de manière importante. La dernière révision d’importance, début août, a revu à la baisse de 258 000 emplois sur les deux derniers mois.
Cette rectification avait provoqué la fureur de Donald Trump qui avait décidé dans la foulée de limoger Erika McEntarfer, qui aurait, selon lui, "truqué" ces chiffres de l’emploi pour "augmenter les chances de victoire" du camp démocrate à la dernière présidentielle. Cette dernière avait pourtant été élue en 2024 de manière bipartisane, avec notamment les voix de J.D. Vance et de Marco Rubio.
La nomination de E.J Antoni remet en lumière les tentatives de Donald Trump de placer ses propres alliés à la tête des institutions clés, dont le BLS qui rassemble les données sur les embauches, les salaires et les prix aux Etats-Unis. L’annonce inquiète d’autant plus que le dernier rapport mensuel sur les prix à la consommation doit être publié ce mardi, rappelle le journal new-yorkais. Cet indicateur devrait montrer une hausse de l’inflation, en partie à cause de l’escalade de la guerre commerciale menée par le président américain.
