Placements : nos cinq conseils pour préparer sa succession
Quelques réflexes simples permettent de préparer le terrain pour que vos héritiers ne se retrouvent pas dans une situation financière délicate à votre décès. L’objectif est à la fois de protéger ses proches et d’optimiser la fiscalité pour transmettre efficacement votre patrimoine.
Anticiper par des donations
Il est possible de donner 100 000 euros à chacun de ses enfants tous les quinze ans en exonération de droits de donation. L’opération peut donc être réalisée par exemple à soixante ans, puis une nouvelle fois à soixante-quinze ans. « La donation peut porter sur tous types de biens, y compris de l’immobilier ou un portefeuille de titres, en pleine propriété ou en démembrement, ce qui permet de réduire l’assiette de droits à régler », indique Sybille de Montgolfier, ingénieur patrimonial sénior chez Swiss Life Banque Privée. S’y ajoute un autre abattement de 31 865 euros, tous les quinze ans, portant uniquement sur des sommes d’argent, et réservé aux donateurs de moins de 80 ans pour leurs enfants majeurs. Sans oublier l’abattement supplémentaire de 100 000 euros en vigueur jusqu’au 31 décembre 2026, destiné à aider ses enfants à financer l’achat ou la construction de leur résidence principale dans le neuf.
Adapter son régime matrimonial
Les couples mariés doivent prendre le temps de s’interroger sur leur régime matrimonial, car il permet de déterminer quels sont les biens propres à chacun et les biens communs. Une distinction importante en cas de succession. Si l’objectif est de protéger son conjoint, il est souvent recommandé d’opter pour un régime de communauté universelle, plus protecteur que la séparation de biens. "Il est possible de faire du sur-mesure. Il ne s’agit pas de choisir entre la séparation de biens et la communauté universelle : on peut trouver un entre-deux en fonction de la situation du couple", précise la notaire Arlette Darmon, présidente du groupe Monassier.
Rédiger un testament
Il n’est pas obligatoire de rédiger un testament, mais cela permet de mettre au clair ses volontés sur la répartition de ses biens, notamment lorsqu’on a des enfants d’un premier lit. Le testament est par ailleurs un passage obligé en cas de pacte civil de solidarité (PACS) : les partenaires d’un PACS n’ayant pas la qualité d’héritiers, il convient de rédiger un testament. Dès lors, le partenaire survivant sera exonéré de droits de succession, au même titre que les couples mariés.
Choisir les bénéficiaires de son assurance-vie
Les sommes placées sur un contrat d’assurance-vie reviennent aux bénéficiaires désignés par l’assuré à son décès, dans de bonnes conditions fiscales puisqu’elles n’entrent pas dans le cadre de la succession. Les versements réalisés avant 70 ans sont ainsi exonérés d’impôts à hauteur de 152 500 euros par bénéficiaire. Il faut donc réfléchir avec soin à sa rédaction, et ne pas hésiter à la modifier si nécessaire. "Dans le cadre d’une clause à options, il est possible de désigner son conjoint comme bénéficiaire, en lui laissant choisir la part qu’il souhaite conserver, le reste revenant aux autres bénéficiaires, généralement les enfants", mentionne Gilles Belloir, le directeur général de Placement-direct.fr. L’assurance-vie est aussi un outil pratique pour gratifier un parent éloigné ou un tiers, qui, sinon, devrait payer de lourds droits de succession.
Conserver des liquidités suffisantes
L’époux est exonéré de droits de succession, tout comme le partenaire d’un PACS s’il a été désigné comme héritier par testament. Pour les autres héritiers, les droits s’appliquent selon un barème progressif compris entre 5 et 45 %, après un abattement dépendant du lien de parenté avec le défunt (100 000 euros par enfant). Lorsque le patrimoine du défunt est quasiment exclusivement composé d’immobilier, ses héritiers n’ont d’autre choix que de vendre l’un des biens dans l’urgence afin de régler ces droits. Pour éviter une telle situation, il est recommandé de conserver suffisamment de liquidités pour permettre à ses héritiers de payer la note sereinement. Cela peut se faire via des livrets ou des fonds monétaires détenus en direct, ou tout simplement en désignant ses enfants comme bénéficiaires de son assurance-vie.
