Qui était Charlie Kirk, l’allié conservateur de Donald Trump tué par balle ?
Il était une voix majeure des partisans de Donald Trump, qualifié de "chuchoteur de la jeunesse" de la droite conservatrice. Mercredi 10 septembre, l’influenceur américain Charlie Kirk est mort, visé par un tir en pleine réunion publique sur le campus d’une université dans l’Utah, dans l’ouest des Etats-Unis. Charlie Kirk était "aimé et admiré par tous, en particulier par moi, et désormais il n’est plus avec nous", a commenté Donald Trump, tandis que plusieurs figures trumpistes l’ont décrit comme un "martyr", tombé pour la défense des valeurs conservatrices et chrétiennes.
Âgé de 31 ans, le militant politique s’était en effet imposé comme un rouage important de la campagne de Donald Trump pour reconquérir la Maison-Blanche l’an dernier, en organisant de vastes opérations de porte à porte dans les Etats clés pour défendre une vision traditionnelle de l’Amérique et de la famille. Doté d’une forte influence - 6,9 millions d’abonnés sur Instagram et 3,8 millions sur YouTube -, il écumait également les universités, lors de débats filmés devant des centaines de partisans.
Le plus gros groupe de jeunes conservateurs
Issu d’une famille politiquement modérée dans une banlieue aisée de Chicago, Charlie Kirk a connu son "éveil conservateur" sous la présidence de Barack Obama : la crise financière de 2008 et les politiques mises en œuvre pour sauver les banques ont alimenté son ressenti envers l’économie libérale, qu’il continuera de dénoncer tout au long de sa carrière. Après un semestre au Harper College, un établissement d’enseignement supérieur communautaire à Palatine, dans l’Illinois, ce dernier abandonne ses études pour se consacrer pleinement à l’activisme politique.
En 2012, à l’âge de 18 ans, il fonde ainsi Turning Point USA, une association devenue en une décennie le plus gros groupe de jeunes conservateurs aux Etats-Unis. Destinée à contrer les groupes progressistes dans les campus des universités, elle organise très vite des rassemblements où Charlie Kirk invite les étudiants à débattre avec lui, prétexte à dérouler une rhétorique radicale face à des contradicteurs mal préparés et filmés, pour alimenter des boucles virales sur les réseaux sociaux.
Anti-avortement - il expliquait en octobre que l’IVG était "l’Holocauste de notre époque" -, anti-migrants - il affirmait que l’administration Biden avait créé "l’équivalent d’Expedia (une agence de voyages, ndlr) pour les clandestins" -, ou encore anti-islam - "l’islam est l’épée que la gauche utilise pour égorger l’Amérique ", tweetait-il mardi -, Charlie Kirk a connu une popularité grandissante, et Turning Point USA a essaimé dans plus de 3 000 campus. Farouche chrétien, ses prises de position étaient souvent teintées de références spirituelles, expliquant par exemple que "la résistance face à la tyrannie p (ouvait) avoir une dimension biblique".
Un soutien de Donald Trump
En 2016, il se lance dans la politique, et devient le bras droit de Donald Trump Jr, le fils du président américain, pour gérer ses déplacements et ses relations avec les médias pendant la campagne présidentielle. En 2019, il prend la tête de Students for Trump, lançant une initiative de mobilisation des jeunes pour la tentative ratée de réélection de Trump à la présidence en 2020. A ce sujet, Charlie Kirk dénonçait une élection "volée", et plusieurs militants de son association avaient été envoyés en bus à Washington pour la manifestation du 6 janvier 2021, qui avait débouché sur l’invasion du Capitole.
"Charlie Kirk (était) un nationaliste chrétien charismatique, qui ser (vait) de porte-parole au trumpisme et aux idées extrémistes", résume auprès de l’AFP Kyle Spencer, auteure d’un livre pour lequel elle a suivi pendant plusieurs années Turning Point USA. Sa mort a néanmoins suscité de vives réactions y compris dans le camp adverse, l’ancienne candidate démocrate à l’élection de 2024, Kamala Harris, estimant par exemple que "la violence politique n’a (vait) pas de place en Amérique".
