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Сентябрь
2025

La "taxe Zucman" ou le festival des inanités économiques, par Nicolas Bouzou

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La "taxe Zucman" est devenue l’autre nom de l’illettrisme économique. De fait, certains de ceux qui défendent cette taxe, de son inspirateur à Thomas Piketty, sont bardés des meilleurs diplômes universitaires. Mais c’était le cas, aussi, de Didier Raoult. On est frappés d’entendre depuis maintenant des semaines de telles inanités de la part de gens qui ignorent visiblement ce qu’est un bilan, un compte de résultat, une évaluation d’entreprise, qui n’ont jamais tenu la moindre épicerie et, peut-être même, pour certains d’entre eux, fait de stage en entreprise.

Parlant d’illettrisme, la séquence la plus hallucinante de ces derniers jours a été diffusée sur BFM Business, quand la journaliste Hedwige Chevrillon a interrogé le président LFI de la Commission des finances, Eric Coquerel, en prenant comme exemple le cas bien connu de Mistral. Il n’est point besoin d’être un analyste financier chevronné pour comprendre que taxer à hauteur de 2 % les actionnaires fondateurs d’une entreprise comme Mistral AI, valorisée à plus de 10 milliards d’euros, alors qu’elle n’a pas passé le point mort et donc que les salaires y sont limités, c’est forcément les amener à vendre leur capital à l’étranger ou, plus probablement, à opérer le déménagement du siège social et des dirigeants en dehors de nos frontières toutes affaires cessantes.

Coquerel ne comprend visiblement pas le problème et n’a aucune notion des différences entre valeur de l’entreprise, rentabilité, revenus, patrimoines… Il nous gratifie d’un : "Il ne paiera pas cette taxe parce que cela ne concerne que les gens qui gagnent de l’argent". Les bras nous en tombent et le terme d’illettrisme n’est pas exagéré. Franchement, allez regarder l’extrait en question sur Internet.

Quelle misère...

Quelques jours plus tôt, Apolline de Malherbe posait à Thomas Piketty la même question. Sur la forme, notre universitaire ne paraissait pas s’émouvoir du risque pesant sur notre seul fleuron de l’intelligence artificielle, mais passons. Concernant le problème posé, Thomas Piketty répond que les actionnaires en question n’ont qu’à vendre leurs parts aux salariés pour payer leur impôt. Les bras nous en tombent une deuxième fois. Les salariés d’une start-up prometteuse, mais dont le succès n’est en rien garanti, devraient donc casser leur tirelire pour racheter à prix d’or les actions d’une entreprise dont l’avenir est incertain. En matière de régression sociale, même les esprits les plus réactionnaires n’y auraient pas pensé. Par ailleurs, qu’un dirigeant vende ses actions affecte la confiance des investisseurs, la valeur de l’entreprise et la base fiscale. Bref, rien ne va dans cette démonstration.

Motivé comme jamais, je suis allé lire l’entretien que Gabriel Zucman a accordé au Monde. Malheureusement, je n’y ai guère trouvé de réconfort quand à la connaissance de l’entreprise et de la finance de nos "meilleurs" économistes. Zucman explique que les 500 plus grandes fortunes professionnelles pèsent, en 2024, 42 % du PIB contre 6 % en 1996. Là encore, un lycéen devrait comprendre que ce ratio est complètement dénué de sens. Une ETI ou une grande entreprise à capitaux familiaux, qui achèterait une société indienne d’informatique ou une biotech brésilienne, pas encore rentable mais prometteuse car détentrice de brevets, participerait allègrement à l’augmentation de ce ratio. On voit mal en quoi cela constituerait une injustice majeure à punir fiscalement.

Quant au fameux exemple de Mistral, pour Zucman, la solution est toute trouvée : payer l’impôt en nature, c’est-à-dire transmettre le capital à l’Etat, dont on sait quel actionnaire génial il est. Dernière proposition de Zucman : taxer les revenus non distribués logés dans des holdings et décourager l’exil fiscal en introduisant de la rétroactivité, c’est-à-dire en taxant des revenus et des patrimoines qui ont déjà quitté la France. Nos Saint-Just de l’économie proposent donc de taxer au titre de revenus des revenus qui ne le sont pas encore, ou de faire appliquer des lois nouvelles à des décisions anciennes. Heureusement, il semblerait que notre Constitution nous protège de ces attaques qui contreviennent aux principes mêmes de l’Etat de droit, mais enfin, quelle misère…

Si par malheur elle était adoptée, la "taxe Zucman" serait au bout du compte un immense transfert de richesse des salariés vers les cabinets d’avocats et les actionnaires étrangers.

Nicolas Bouzou, économiste et essayiste, est directeur du cabinet de conseil Astères















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