Allemagne : un survol de drone à l’aéroport de Munich entraîne la suspension du trafic aérien
Le trafic aérien a été suspendu à l’aéroport de Munich, jeudi 2 octobre, à cause d’un survol de drone d’origine inconnue, a déclaré un porte-parole de la police allemande à l’AFP, après que plusieurs pays européens ont signalé des intrusions aériennes attribuées à la Russie.
D’après un communiqué de l’aéroport, 17 vols au départ de Munich ont ainsi été annulés dans la soirée, affectant près de 3 000 passagers. 15 vols censés arriver à Munich ont aussi été détournés vers Stuttgart, Nuremberg, Vienne et Francfort. 19 vols de Lufthansa ont été détournés ou annulés, dont trois longs courriers, a indiqué un porte-parole de la compagnie allemande, précisant que les opérations avaient repris vendredi matin. Selon le site de l’aéroport, des vols ont décollé à nouveau vers 05h50 localement. Les passagers bloqués à Munich ont été pris en charge avec des lits de camp, des couvertures, des boissons ainsi que des collations, ajoute le communiqué.
Jeudi, vers 21h30, plusieurs personnes ont aperçu des drones aux alentours de l’aéroport, a confirmé le porte-parole de la police. Les autorités bavaroises ont lancé des recherches pour identifier les engins et leurs propriétaires, sans succès.
Des drones ont ensuite de nouveau été repérés, cette fois au-dessus du site de l’aéroport, entraînant vers 22h30 la fermeture des deux pistes de décollage et d’atterrissage. Malgré l’intervention des hélicoptères de la police, "aucune information n’est disponible sur le type et le nombre de drones" ni leur origine, précise le porte-parole.
Cet incident survient avant le dernier week-end de l’Oktoberfest, qui accueille des centaines de milliers de personnes chaque jour à Munich. La fête de la bière dans la ville bavaroise avait été fermée une demi-journée mercredi après une alerte à la bombe et un drame familial.
Centre antidrones
L’Allemagne est sur le qui-vive face à la menace des drones, alors que plusieurs pays européens ont signalé des incursions dans leur espace aérien. Début septembre, la Pologne a protesté contre la présence de 19 drones dans son espace aérien, accusant la Russie. Quelques jours plus tard, trois chasseurs russes ont pénétré dans l’espace aérien estonien pendant environ douze minutes, déclenchant une ferme réponse de l’Otan. Le 22 septembre, un survol de drones a entraîné la fermeture de l’aéroport de Copenhague, un responsable de la police danoise ayant évoqué l’hypothèse qu’ils puissent avoir décollé d’un bateau. De nouveaux survols de plusieurs aéroports et d’une base militaire ont eu lieu le 25 septembre au Danemark. L’origine de ces derniers survols de drones reste jusqu’à présent inconnue mais les autorités danoises ont pointé du doigt la Russie.
Vendredi dernier, en Allemagne, un "essaim" de drones a été repéré au-dessus de l’Etat de Schleswig-Holstein. Le gouvernement allemand a assuré vouloir donner l’autorisation aux forces armées d'"abattre" ces engins. A noter que ces récentes incursions ont mis en évidence les lacunes de l’arsenal de l’alliance atlantique face à cette nouvelle menace. Jeudi, les 27 se sont réunis à Copenhague pour discuter de ces attaques croissantes et ont discuté de la mise en place d’un "mur" antidrone.
Samedi, l’Allemagne a annoncé la création d’un centre "antidrones" à une échéance "rapide", s’appuyant "sur des structures existantes" afin de répondre à la menace que représentent ces engins. Le "centre commun de défense contre les drones" devra permettre d'"évaluer les dangers" et les moyens d’y "répondre", a précisé mercredi 1er octobre Alexander Dobrindt, ministre de l’Intérieur allemand, à l’issue d’une réunion gouvernementale à Berlin. L’Allemagne doit s'"équiper en conséquence face à cette nouvelle menace croissante", a insisté le ministre, qui a aussi dit vouloir faire réviser la loi sur la sécurité aérienne pour que les forces armées soient autorisées à "abattre" ces engins.
