Charia, islamisme, risque d’une « contre-société » : les constats inquiétants de l’IFOP
Le 18 novembre, l’FOP a publié une étude intitulée : « État des lieux du rapport à l’islam et à l’islamisme des musulmans de France ». Elle met en évidence trois tendances majeures.
Première évolution notable : la progression lente, mais continue de la proportion de musulmans en France. Ils représentent aujourd’hui 7 % de la population adulte, contre 0,5 % en 1985. Le recul du catholicisme (43 %) et la montée des « sans religion » (37,5 %) dessinent une société où les repères traditionnels disparaissent, alors même qu’ils assuraient « l’unité culturelle de la France ». Sur la base de ces chiffres, l’IFOP récuse le vieux fantasme du « grand remplacement » et insiste plutôt sur un phénomène de fragmentation de la société française.
L’étude observe une réislamisation nette : la pratique religieuse concerne 80 % des sondés musulmans, contre 48 % en moyenne chez les adeptes des autres religions. Elle s’est intensifiée en quarante ans, en particulier chez les jeunes : 67 % des moins de 25 ans prient quotidiennement, 83 % d’entre eux font le ramadan et 45 % des jeunes musulmanes portent le voile (trois fois plus qu’en 2003). Cette religiosité accrue s’accompagne d’un rejet de la science : 65 % des musulmans estiment que « c’est plutôt la religion qui a raison » sur la création du monde, contre seulement 19 % chez les autres croyants.
L’un des aspects les plus sensibles de l’étude concerne le rapport à la loi : 46 % des sondés pensent que la charia doit s’appliquer en partie dans le pays dans lequel les musulmans vivent, et 15 % considèrent qu’elle doit s’appliquer intégralement quel que soit le pays. Ils sont aussi 44 % à privilégier le respect des règles de leur religion par rapport aux lois françaises sur des sujets comme l’abattage rituel ou l’héritage, soit 16 points supplémentaires par rapport à 1995.
Plus inquiétant encore, l’étude confirme que l’islamisme au sens large – c’est-à-dire l’idée d’un islam politique régissant la société – a beaucoup progressé : 38 % des sondés approuvent au moins une position islamiste, et 33 % se sentent proches d’au moins une mouvance, dont 24 % des Frères musulmans. L’IFOP note également qu’un jeune sur trois exprime une sympathie pour ce courant idéologique ; la thèse d’un vieillissement du « frérisme » est donc invalidée par les chiffres.
Pour conclure, l’IFOP parle explicitement du risque d’une « contre-société », c’est-à-dire d’une situation où un groupe organise son mode de vie selon des normes religieuses distinctes, voire opposées, à celles de la société majoritaire. Et là encore, ce sont les jeunes musulmans qui portent cette dynamique, bien plus que leurs aînés.
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