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Декабрь
2025

En Floride, des parents sans-papiers confient leurs enfants à des tuteurs par crainte d'être expulsés

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"Je sors moins pour aller travailler car j'ai peur de ne pas revenir à la maison auprès de mes enfants", explique Rosa, une Guatémaltèque de 32 ans qui, sans statut légal dans le pays, préfère taire son nom de famille.

Il y a huit ans, Rosa et son mari ont quitté le Guatemala pour fuir la pauvreté et se sont installés en Floride. Ensemble, ils ont deux enfants, une fille de 11 ans et un garçon de quatre ans.

En septembre, le mari de Rosa travaillait sur un chantier lorsqu'il a été arrêté et envoyé dans un centre de rétention au Texas, où il se trouve toujours.

"Ce n'est pas facile d'expliquer cela (à ses enfants). Mon fils attend que son père rentre et comme il ne revient pas, il est triste", raconte-t-elle à l'AFP.

Rosa, effrayée à l'idée de subir le même sort que son mari, s'est alors tournée vers Nora Sandigo. Cette Nicaraguayenne de 60 ans, naturalisée américaine, a fondé à Miami une organisation pour venir en aide aux enfants de familles sans papiers et devenir leur tutrice légale.

Cette démarche permet à un adulte d'obtenir une procuration qui autorise ce tiers de signer des documents concernant les mineurs - que ce soit à l'école, à l'hôpital ou même devant les tribunaux - si leurs parents sont détenus par les autorités.

Les parents ne perdent toutefois pas la garde légale de leurs enfants.

Aujourd'hui, Nora Sandigo est la tutrice légale d'environ 350 mineurs américains et de 137 enfants nés à l'étranger. Tout au long de sa carrière, elle a pris en charge plus de 2.000 enfants.

Certains ont même vécu, parfois pendant plusieurs mois voire années, sous son toit avec ses filles, lorsque leurs parents ont été expulsés.
Parents désespérés
Aux Etats-Unis, de plus en plus de sans-papiers confient la garde de leurs enfants à proches ou personnes de confiance.

Si aucun chiffre national n'est disponible, la presse américaine regorge d'exemples d'associations, de militants ou d'avocats qui ont multiplié ces démarches depuis janvier dernier, du Vermont à Chicago, du Massachusetts à l'Illinois. La Californie a même adopté cet automne une loi à ce propos.

Le nombre de demandes "a augmenté de manière spectaculaire", confirme à Miami Nora Sandigo, qui raconte recevoir chaque jour des appels de parents désespérés.

Elle établit un lien direct avec le durcissement de la politique anti-immigration de Donald Trump.

"L'arrivée de la nouvelle administration et son discours terrifiant de persécution visant les migrants angoisse énormément les enfants, cela a été effroyable", raconte-t-elle.

Dans les rues de Floride, les descentes parfois brutales de police de la police de l'immigration (ICE) sèment la terreur au sein d'une population largement issue de l'immigration.

Au total, les autorités américaines disent avoir expulsé plus de 605.000 sans-papiers depuis janvier.
"S'ils s'en vont, je pars avec eux"
La veille de la traditionnelle fête américaine de Thanksgiving fin novembre, Nora Sandigo a ouvert les portes de sa maison à plusieurs familles.

Parmi elles, Jessica, 14 ans, est venue avec ses frères et sa mère récupérer de la nourriture, dont la traditionnelle dinde que l'on déguste dans les familles américaines.

Née aux Etats-Unis, elle a construit toute sa vie en Floride et vit désormais sous la protection de Nora Sandigo. Pourtant, la situation de ses parents sans papiers "lui fait peur".

"Ma plus grande inquiétude, c'est qu'ils soient expulsés", raconte l'adolescente. "Car, s'ils s'en vont, je pars avec eux."

A ses côtés, Nora Sandigo tente de réconforter la jeune fille mais craint que la politique de Donald Trump ne laisse des séquelles psychologiques et un profond ressentiment chez toute une génération.

"J'aime les enfants et je veux être utile, les aider, mais pas dans ces circonstances", confie-t-elle.















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