DPE : la fraude s’intensifie
KRNO est une société qui développe des solutions technologiques pour fiabiliser les diagnostics de performance énergétique (DPE), c’est-à-dire identifier les incohérences et fraudes potentielles. L’entreprise a donc tout intérêt à montrer que la fraude s’intensifie. Accordons-lui cependant le bénéfice de l’honnêteté et regardons d’un peu plus près la nouvelle étude qu’elle vient de faire paraître.
Chacun le sait maintenant, le DPE est un outil de mesure de la performance énergétique d’un logement, comportant une étiquette allant de A (logement extrêmement performant) à G (logement extrêmement peu performant, aussi qualifié de « passoire thermique »). Il est obligatoire lors des ventes et des locations. Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location. Ce sera le cas des logements classés F à compter de 2028, et de ceux classés E à compter de 2034.
Les propriétaires jouent donc gros lorsqu’ils font réaliser ce DPE à leurs frais. Le bien concerné peut ne plus être louable, ou perdre de sa valeur s’il est mis en vente. Il est donc compréhensible que certains tentent de corrompre le diagnostiqueur pour « gagner une lettre ». KRNO estime ainsi que 4,3% des DPE sont erronés (+65% depuis 2021) : 10,9% des DPE notés F seraient en réalité des G ; 16,1% des notes E seraient des F ; 7,9% des classes D seraient des logements E.
Depuis le 1er octobre 2025, le contrôle des organismes de certification a été accru, et un diagnostiqueur ne peut pas réaliser plus de 1000 DPE sur une période glissante de 12 mois. Comme la fraude risque d’augmenter à l’approche des prochaines échéances, la tentation est grande de renforcer les contrôles et d’augmenter encore les contraintes et les sanctions.
L’étude de KRNO met le doigt sur un phénomène que les libéraux ont depuis longtemps identifié : la mauvaise législation engendre de mauvais comportements. Dans le cas des DPE, certaines personnes honnêtes sont poussées à frauder pour ne pas perdre parfois l’investissement de toute une vie. Tout comme les fumeurs se trouvent acculés à recourir au marché noir pour se procurer des cigarettes devenues trop chères chez le buraliste.
Comme l’a magnifiquement montré Philippe Nemo dans « Esthétique de la liberté », il y a une relation étroite entre le socialisme – et donc l’étatisme – et la laideur, le mensonge et la corruption.
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