Добавить новость
smi24.net
World News
Декабрь
2025

Roi chevalier, roi mécène

0

Une nouvelle biographie du roi François 1er, signée Maxence Hermant, est l’analyse fouillée d’un règne fondateur, accompagnée d’une iconographie éblouissante.


La collection « Bibliothèque des illustres », aux éditions Perrin, vient de s’enrichir d’un dixième ouvrage, dans le même format 18x26cm (à mi-chemin entre livre et « beau livre ») et la semblable élégance esthétique qui parent les volumes antérieurs – du Marquis de Sade de Christian Lacombre aux Napoléon et Talleyrand, l’un et l’autre signés de Charles-Eloi Vial, en passant par le Marie-Antoinette d’Hélène Delalex, jusqu’ au remarquable Napoléon III, de Thierry Lenz,  pour ne citer que quelques-uns de ces titres. A chaque fois, un texte de haute tenue mais d’une lecture accessible au non-spécialiste, systématiquement accompagné d’un corpus d’illustrations en couleur, impeccablement rendues par une impression soignée, et toujours agrémentées de légendes claires et concises. 

A cette exigence de qualité éditoriale, le François 1er de Maxence Hermant (conservateur en chef, en charge, à la BNF, des manuscrits enluminés de la fin du Moyen-Âge et de la Renaissance) ne fait pas exception. S’agissant du souverain mythique de la dynastie des Valois, la légende, forgée tant par les derniers soubresauts de la monarchie française, qu’ensuite par l’imaginaire républicain, le dispute souvent à la réalité des faits et des gestes. Hermant le souligne, cette « vision laïque […], image aujourd’hui datée, […] demeure prégnante dans les esprits ».

Venant après tant d’autres, cette nouvelle biographie du vainqueur de « Marignan,1515 », – la seule date historique universellement sue par tous les cancres ! -, du bâtisseur de Blois, Chambord, Fontainebleau, du « protecteur de l’esprit », mécène et collectionneur, du chevalier rival de Charles Quint, du roi très chrétien dont son opposition à la Réforme est l’amorce des futures guerres de religion, etc., s’alimente tout particulièrement – et c’est là son originalité – aux sources iconographiques exhumées par le savant archiviste paléographe qu’est Maxence Hermant. « Il faut le rappeler ici, écrit-il, la BnF est l’héritière de la Bibliothèque royale. En son cœur se trouvent les livres manuscrits et imprimés – près de 5000 ! – progressivement rassemblés par François 1er ». A cette inclination de métier, pour ainsi dire, le présent livre doit ainsi la singularité de son approche :  le texte « fonctionne » dans un rapport étroit avec le fabuleux corpus d’images qui l’accompagne. C’est un ouvrage qu’on lit, mais aussi qu’on regarde.

A lire aussi: Les vertiges de Paris

Certes, la chronologie des événements nous est scrupuleusement restituée, depuis la naissance en 1494, à Cognac, de François d’Angoulême, fils de Charles d’Orléans et de Louise de Savoie, puis son sacre, à Reims, en 1515, « trois semaines après la disparition de Louis XII », jusqu’à sa mort à l’âge de 52 ans en son château de Rambouillet, la même année que celle d’Henri VIII d’Angleterre, en 1547. Mais le jeu complexe des alliances dynastiques et militaires comme des rivalités territoriales, les relations du monarque avec ses proches (tout particulièrement avec sa mère, ou encore avec son fidèle conseiller Anne de Montmorency), ses ambitions somptuaires et sa passion pour les arts, les effets de sa longue captivité sur sa personnalité, l’emprise délétère des factions sur la fin de son règne, le crépuscule enfin d’un roi vieillissant, inapte à regarder vers le « Nouveau Monde », impuissant à  parvenir à un règlement pacifique de l’interminable conflit qui l’oppose à Charles Quint, – autant d’éléments qui composent la trame d’une biographie exemplaire en ce qu’elle ne néglige aucun aspect des enjeux confessionnels, géopolitiques, socio-économiques du temps. 

A lire aussi: La Légende dorée de Notre-Dame de Paris

« Comment doit-on […] juger son règne ? », s’interroge en conclusion Maxence Hermant :  « l’historiographie contemporaine oscille entre deux regards, l’un mettant en valeur le roi de la Renaissance et de Marignan, ami des auteurs et des artistes, constructeur de châteaux, œuvrant à l’unité administrative et financière du royaume ; l’autre pointant des dépenses inouïes, une obsession italienne qui faillit le mener à sa perte, un système de gouvernement annonçant la centralisation et l’absolutisme à venir, ou la progression des protestants portant en germe les conflits religieux à venir », constate-t-il. Quoiqu’il en soit, ce fut, à plus d’un titre, un règne fondateur. En cette fin 2025 où une France sans capitaine se survit à elle-même, lui rendre hommage vaut acte de salubrité. 

A lire : François 1er. Roi chevalier, roi mécène, par Maxence Hermant. 256p., Perrin/Bibliothèque nationale de France, 2025.

L’article Roi chevalier, roi mécène est apparu en premier sur Causeur.















Музыкальные новости






















СМИ24.net — правдивые новости, непрерывно 24/7 на русском языке с ежеминутным обновлением *