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Декабрь
2025

"C'est un nid d'espions" : le Lutetia, ce palace parisien devenu un QG discret du Mossad

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C'est une ironie dont l'histoire a le secret. Construit en 1910, occupé par l'armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, le Lutetia voit désormais passer dans ses murs… des espions du Mossad. "Les alcôves du bar au premier étage sont idéales. Elles sont ouvertes au public, mais vous pouvez demander à les privatiser", note un consultant spécialisé dans la défense. Un repaire pratique, notamment lorsque Paris est le théâtre d'opérations conjointes entre services de renseignements français et israéliens.

Au début des années 2010, un homme pose le pied sur le tarmac de l'aéroport Roissy Charles-de-Gaulle. Il est responsable du Cers, le Centre syrien d'études et de recherches scientifiques. Depuis plusieurs mois, il s'est rapproché d'"Aurélio", qu'il pense être un généreux homme d'affaires. Il s'agit en réalité d'un agent du Mossad. L'espion participe à une opération conjointe avec la DGSI française, qui tente d'infiltrer le programme secret d'armements chimiques de Bachar El-Assad.

"C'est très bien équipé"

Pour gagner sa confiance, "Aurélio" lui fait découvrir les meilleurs restaurants parisiens, lui rend des services et lui offre de l'argent. Le Syrien est logé dans des établissements "agréés DGSI", proches des services secrets français. Certaines chambres sont "équipées de caméras, 'sonorisées' et le staff est rodé à la discrétion", affirme le journaliste Alex Jordanov dans son livre Les guerres de l'ombre de la DGSI, publié en 2019.

A Paris, le renseignement intérieur joue à domicile. Mais leurs cousins du Mossad auraient eux aussi leurs petites habitudes dans des grands hôtels de la capitale. "Les autres le font aussi", raconte un agent de la DGSI dans l'ouvrage de Jordanov. Et de se livrer à cette allusion transparente auprès du journaliste : "Regarde le célèbre palace fraîchement rénové du VIe arrondissement. C'est une propriété israélienne, c'est un nid d'espions. S'ils en ont besoin, du bar à une partie des chambres, c'est très bien 'équipé'. Ils sont chez eux." Soit une description très précise du Lutetia, racheté par un groupe israélien en 2010 puis fermé pour rénovation entre 2014 et 2018.

"Confidentialité et discrétion"

Interrogé, le Lutetia opte pour la prudence : "Vous comprendrez que nous ne commentons jamais les pratiques ou la présence éventuelle de services étatiques ou diplomatiques au sein de l'hôtel, nous indique-t-on. La confidentialité et la discrétion de tous nos clients restent absolues".

L’histoire le montre : le renseignement israélien a l'habitude d'investir les hauts lieux parisiens. Dès 1948, des membres de la résistance juive, ancêtres du Mossad, se réunissent au Royal Monceau, dans le VIIIe arrondissement. Dans les années 1990, le Ritz devient l'une des places fortes du Mossad. Les espions y recrutent même un "informateur permanent", raconte le journaliste Gordon Thomas dans Les Guerres du Mossad. En 2007, un incident diplomatique manque d'éclater : en visite à Paris, le colonel Kadhafi tombe nez à nez avec des agents secrets escortant Benyamin Netanyahou.

Mais le Lutetia revêt un symbole particulier. En 1940, il devient le quartier général du renseignement de l'état-major allemand. A la Libération, il sert de centre d'accueil pour les déportés revenus des camps. Peu à peu réhabilité, le palace retrouve son prestige. En 2006, Shimon Peres, Prix Nobel de la Paix et futur président israélien, reçoit la presse à son bar.

Nouveau pavillon

Son rachat par l'entreprise israélienne Alrov en 2010 renforce encore les liens. Le groupe, spécialisé dans les résidences de luxe, connaît bien plusieurs figures du pouvoir à Tel-Aviv. Son propriétaire, Alfred Akirov, est proche d'Ehud Olmert, ancien Premier ministre, ainsi que du général Benny Gantz, ex-ministre de la Défense ou encore de Yossi Cohen, l'ex-directeur du Mossad. Le magnat de l'immobilier a donné plusieurs conférences au quartier général du service de renseignement, a révélé le quotidien Haaretz en 2021. "Akirov est un homme adroit qui a tendance à mettre ses installations à la disposition des Israéliens", affirme un diplomate anciennement en poste au Proche-Orient.

Mais cette proximité n'empêche pas les difficultés. Le Lutetia pèse lourd pour une entreprise fragilisée par le Covid. Le 3 avril 2025, le Lutetia est passé entre les mains d'un autre groupe hôtelier, le Mandarin Oriental, après une transaction au montant resté secret. La famille reste propriétaire des murs, mais la gestion du palace passe sous contrôle d'un géant hongkongais. D'autres espions en feront-ils leur QG ?















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