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L’aéroport de Roissy : un géant économique malgré les défaillances des pouvoirs publics

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L’aéroport de Roissy est le deuxième d’Europe en termes de voyageurs (70,3 millions) derrière Londres-Heathrow (83,9), et le onzième mondial. Il est aussi un grand pourvoyeur d’emplois et de richesses. Il devrait faire l’objet de toutes les attentions de la part des pouvoirs publics avec moins de taxes, moins de réglementations, etc. Il n’en est malheureusement rien.

L’Insee, à la demande de Paris CDG Alliance, groupement d’intérêt public qui réunit des acteurs institutionnels et économiques (collectivités territoriales, État, chambres consulaires régionales, Groupe ADP et Air France), a réalisé une étude sur les retombées économiques de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle (CDG).

Près de 1400 entreprises et 95.000 salariés

Premier aéroport de l’Union européenne pour le transport de voyageurs et pour le fret, Roissy – ou Paris-Charles-de-Gaulle (CDG) – a accueilli entre 5 et 7 millions de passagers chaque mois en 2024 et enregistré, pour le seul mois de décembre, le transit de 170.000 tonnes de fret et de courrier.

Il constitue un pôle stratégique majeur pour l’économie régionale et nationale. Avec 1360 établissements implantés sur la plateforme employant 94.600 salariés (85.500 équivalents temps plein), l’activité économique liée à l’aéroport dépasse le seul périmètre de la zone aéroportuaire et irrigue en profondeur ses sept communes d’emprise situées en Seine-et-Marne, Val d’Oise et Seine-Saint-Denis. Si l’on élargit le périmètre à un rayon de 10 kilomètres autour de l’aéroport, le volume d’emplois fait plus que doubler (252.000, salariés de la plateforme inclus) et le nombre d’établissements employeurs y est dix fois plus élevé (13.600).

Sans surprise, l’activité des entreprises est concentrée dans les secteurs du transport aérien (40 % de l’emploi salarié) et de l’entreposage et services auxiliaires des transports (25 %). Elle génère 9,4% de la richesse locale dans les trois départements réunis (13% de la richesse dégagée par le tissu économique de Seine-Saint-Denis, 10% dans le Val‑d’Oise et 4 % en Seine-et-Marne), soit 9,8 milliards d’euros (Md€) en 2023.

Sur la plateforme de Roissy-CDG, un salarié sur deux gagne plus de 2780 euros nets par mois en équivalent temps plein. En moyenne, les salariés du site perçoivent 3480 euros net par mois. Cet écart important entre le salaire médian et le salaire moyen témoigne d’une forte dispersion des salaires, la moyenne étant tirée par les salaires les plus élevés, notamment ceux du personnel navigant.

En résumé, la plateforme aéroportuaire de Paris-CDG est bien un géant économique pour les départements sur lesquels elle est implantée, et plus généralement pour toute la région francilienne.

Un des meilleurs ou des pires aéroports du monde ?

Si l’on en croit le classement annuel réalisé par Skytrax (World’s Best Airports), Paris-CDG se classe à la septième place mondiale selon les voyageurs internationaux interrogés, et à la première européenne (devant Rome, Munich et Zurich). S’il est reconnu mondialement, ce classement n’est pourtant pas le seul. Celui de Sail Croatia qui s’appuie sur trois critères – la fréquence des retards de vol, la densité de passagers dans les terminaux et le nombre de recherches en ligne concernant les bagages perdus – positionne Roissy en queue de peloton des 50 grands aéroports internationaux.

 Il est vrai que sur le plan des retards, la France occupe une position de choix. La faute n’est pas nécessairement à imputer à ADP (Aéroports de Paris), mais souvent à la DGAC (Direction générale de l’aviation civile), et plus précisément aux contrôleurs aériens. Ces privilégiés de la République sont, à eux seuls, responsables de 67% des jours de grève du contrôle aérien en Europe. Mais les retards ne sont pas seulement dus aux grèves. Ils sont aussi le fait de l’insuffisance des capacités de contrôle (obsolescence des outils informatiques, faible productivité horaire des contrôleurs aériens, etc.).

L’État est aussi responsable de l’augmentation des taxes propres au transport aérien qui représentent désormais 22% de son chiffre d’affaires. Quand on sait que la plupart des pays de l’UE (20 sur 27) n’appliquent aucune taxe spécifique, on comprend bien que les aéroports français puissent être pénalisés.

Des taxes qui pourraient encore se multiplier si l’on en croit le préfet du Val d’Oise. Il suggère, afin d’inciter les compagnies aériennes à se séparer de leurs engins les plus bruyants, de mettre en place « des mécanismes de discriminations financières par une hausse de la fiscalité ou de la redevance ». Il recommande également que des amendes administratives puissent être dressées contre les « dépassements des créneaux de vols en cœur de nuit », coupables de nuisances sonores.

La région Ile-de-France, organisatrice des transports, porte aussi de nombreuses responsabilités, par exemple dans le retard de la construction de la liaison CDG Express qui aurait dû être achevée pour les Jeux olympiques de Paris 2024 et qu’on nous promet maintenant pour le 1er mars 2027. En attendant, le conseil régional ne fait pas grand-chose pour remédier à l’état déplorable du RER B. Pourtant, il a voté une taxe additionnelle à la taxe de séjour (de 200% !) pour financer les transports en commun.

Taxe de séjour qui a également été augmentée par la ville de Paris en même temps qu’elle restreignait les locations Airbnb. Avec ces mesures, couplées à la persistance de la saleté et de l’insécurité, on ne peut pas dire que la mairie de Paris fasse des efforts pour attirer les touristes et ainsi promouvoir l’aéroport de Roissy. Il faut dire que l’adjoint d’Anne Hidalgo chargé de la « transformation de l’espace public et des mobilités », David Belliard, ne veut plus accueillir dans la capitale les touristes internationaux venus en avion !

S’attaquer à nos points forts

Tout comme ils ont affaibli l’agriculture française – en 2024, l’excédent agricole français est tombé à 4,9 milliards d’euros, au plus bas depuis plus de 20 ans – les pouvoirs publics cherchent-ils à s’attaquer au transport aérien et à toute la filière aéronautique ?

Au lieu de tout faire pour renforcer l’attractivité de l’aéroport de Roissy-CDG et maintenir, voire accroître, son leadership, ils s’acharnent à le fragiliser en multipliant les contraintes, les taxes, les réglementations et en investissant à mauvais escient.

Le transport aérien, selon les dernières estimations, a crû de 4,3% en Europe en 2025, avec 11,2 millions de vols. L’activité devrait continuer à croître en 2026 (+3,1%) et les années suivantes (+2,2% en moyenne sur la période 2026-2031). La fréquentation de CDG n’a été que de 2,5% l’année dernière, presque 2 points de moins que la moyenne européenne, et n’a toujours pas retrouvé son niveau de 2019. Depuis cinq ans, la fréquentation des aéroports franciliens (Roissy et Orly) progresse à un rythme inférieur à la tendance mondiale.

En taxant et réglementant toujours plus, l’État affaiblit les grands aéroports internationaux français, et plus largement les fleurons du transport aérien – Air France, Airbus, Safran, etc. Le président de cette dernière entreprise, Olivier Andriès, par ailleurs président du Gifas, le syndicat patronal de l’aéronautique civile et militaire, a rappelé le 8 janvier 2026 lors de ses vœux à la presse que la filière « qui, pour des raisons de souveraineté historique, a la plupart de ses activités en France, est la plus prélevée en valeur absolue » (12,5 Md€ en 2024). Un peu moins de prélèvements l’aiderait à faire face à la concurrence chinoise qui se profile.

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