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Art tissé : à la rencontre d'Alain Chanard, le "faiseur de chair" d’Aubusson

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A la Cité internationale de la Tapisserie d'Aubusson, Alain Chanard est chez lui. A peine passé le seuil, le voilà assailli par les mots de bienvenue, à commencer par ceux des élèves du BMA Arts et techniques du tapis et de la tapisserie de lisse, pour lesquels le fringant retraité de 75 ans anime deux fois par an un séminaire. Entre deux sourires adressés aux uns et aux autres, il se raconte à L’Express : dès l’école primaire, féru de dessin et d’arts décoratifs, le jeune Aubussonnais décide qu’il sera lissier. Mais, jamais, il n’aurait alors imaginé contribuer à la création d’une œuvre emblématique du XXe siècle : Chant du monde, de Jean Lurçat, dont les dix panneaux, conservés à Angers, vont réintégrer leur ville d'origine, le temps d'une exposition, le 4 avril prochain.

"En 1966, j’avais 16 ans, je faisais mes gammes à la manufacture Tabard, se souvient Alain Chanard. Il y avait là huit artisans chevronnés, chargés de tisser Ornomentos Sagrados (Ornements sacrés), le 10e panneau de l’œuvre-testament de Lurçat, et ils m’ont choisi, parmi les 14 apprentis de l'entreprise, pour travailler avec eux. J’étais très impressionné d’intervenir sur une pièce aussi conséquente - 10,50 mètres de longueur sur 4,40 mètres de largeur -, sachant que l’ensemble de la tenture se déploie sur 80 mètres et utilise un chapelet de 96 couleurs. Ça a été une expérience inoubliable."

Alain Chanard pose au milieu des collections de la Cité (ici, un portrait tissé de Jean-Charles de Cordes, d'après Rubens ou Van Dick).

Alain Chanard a une autre corde à son arc : il fait partie d’une espèce en voie de disparition qu’on appelle les "faiseurs de chair", autrement dit les petites mains capables de restituer tous les détails et les nuances d’un visage. La crème de la crème sur le métier. "J’ai commencé par tisser les portraits des papes Jean XXIII et Paul VI dans l’atelier de Gisèle Brivet, puis, toujours à Aubusson, je suis entré à la manufacture Robert Four, où j’ai passé l’essentiel de ma carrière". Trente-cinq années durant, il y développe son talent particulier en répondant à des demandes très spécifiques : immortaliser des princes du Moyen-Orient friands de son savoir-faire, portraiturer Mabrouk, le chien mascotte de 30 millions d’amis, tisser la tête du général de Gaulle pour un notable de Colombey-les-deux-Eglises, élaborer une frise textile monumentale à l’effigie de Pasteur, commande d’Etat aux 1 800 heures de travail...

Autant de compositions signées de la seule manufacture - selon l’usage, le nom du lissier n’est pas mentionné sur les œuvres tissées -, dont Alain Chanard revendique modestement la paternité avec une fierté émue. Parmi ses faits d’armes, une restitution au cordeau des armoiries américaines figure même à la Maison-Blanche. C’était, en 1982, un cadeau du maire de Paris Jacques Chirac pour le président Reagan. Commande prestigieuse oblige, Robert Four en avait évidemment confié l'exécution à son "faiseur de chair".















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