Elon Musk, Donald Trump, Bill Gates... De nouveaux noms révélés dans l'affaire Epstein
Le ministère américain de la Justice a publié vendredi des millions de nouveaux documents concernant le délinquant sexuel condamné Jeffrey Epstein, relançant les interrogations autour du réseau relationnel de l'ex-financier américain, accusé d'avoir mis en place un système d'exploitation sexuelle de mineures avant sa mort en prison en 2019. Ces publications mentionnent de nombreuses personnalités politiques, économiques et royales, sans qu'aucune d'entre elles ne fasse à ce stade l'objet de poursuites, comme le précise l'AFP.
Parmi les documents figure une série d'échanges entre Jeffrey Epstein et l'ex-prince Andrew, frère du roi Charles III. Selon des informations de l'AFP, Jeffrey Epstein lui aurait proposé en août 2010 de rencontrer une femme russe de 26 ans, décrite comme "belle et intelligente". Rien ne confirme qu'une rencontre ait effectivement eu lieu. D'autres courriels montrent que le prince Andrew a invité Jeffrey Epstein à dîner au palais de Buckingham en septembre 2010, alors que ce dernier venait d'être libéré de son assignation à résidence après une condamnation pour prostitution de mineure. Les documents ne précisent pas non plus si cette invitation a été honorée. Ces nouvelles révélations interviennent alors que le prince, qui a toujours nié toute implication dans des crimes sexuels, a été déchu de ses titres royaux et contraint de quitter sa résidence officielle de Windsor en janvier 2025 à cause de ses liens passés avec Jeffrey Epstein.
Plus de 4 500 fichiers évoquent Donald Trump
Les documents publiés mentionnent également Donald Trump. Plus de 4 500 fichiers feraient référence au président américain. Ils incluent notamment des signalements transmis au FBI, souvent anonymes ou non vérifiés, concernant des allégations d'agressions sexuelles. Le ministère de la Justice affirme que ces accusations sont "infondées et fausses". Donald Trump reconnaît avoir fréquenté Jeffrey Epstein dans les années 1990 et au début des années 2000, mais assure avoir rompu tout lien avant que le financier ne soit poursuivi. Le président américain ne fait l'objet d'aucune accusation formelle en lien avec Jeffrey Epstein, il nie avoir eu connaissance de ses crimes.
D’autres figures apparaissent dans les fichiers, selon l’AFP. Des échanges de courriels mettent en lumière des relations entre Jeffrey Epstein et Elon Musk, Bill Gates, Richard Branson ou encore le producteur de cinéma Steve Tisch. Concernant Elon Musk, des messages de 2012 et 2013 évoquent l’organisation possible d’une visite sur l’île d’Epstein, sans que celle-ci n’ait finalement eu lieu pour des raisons logistiques. Sur X, Elon Musk a reconnu que certains échanges pouvaient être "mal interprétés", tout en appelant à poursuivre les auteurs de crimes liés à l’exploitation de mineures.
What matters is not release of some subset of the Epstein files, but rather the prosecution of those who committed heinous crimes with Epstein.
— Elon Musk (@elonmusk) January 31, 2026
When there is at least one arrest, some justice will have been done. If not, this is all performative. Nothing but a distraction. https://t.co/N0ili1ZUbz
Les documents mentionnent également un brouillon d’e-mail attribué à Jeffrey Epstein évoquant Bill Gates, dont la fondation a dénoncé des accusations "absolument absurdes", ainsi qu’un message de Richard Branson faisant référence, sur le ton de la plaisanterie, à un "harem".
La publication de ces documents s’inscrit dans le cadre d’une loi adoptée en novembre, obligeant le ministère de la Justice à rendre publics l’ensemble des dossiers liés à Jeffrey Epstein d’ici décembre 2025. Le processus a été critiqué au Congrès en raison de sa lenteur et du volume important d’expurgations, autorisées pour protéger les victimes et les enquêtes en cours.
Jeffrey Epstein, financier new-yorkais, a été retrouvé pendu dans sa cellule en 2019 alors qu’il attendait son procès pour trafic sexuel. Sa mort, officiellement qualifiée de suicide, continue d’alimenter de nombreuses controverses. La diffusion progressive de ces documents reste un enjeu politique sensible aux États-Unis, tant par l’ampleur des révélations que par les critiques suscitées par leur traitement et leur censure partielle.
