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De l'Eurovision au Groenland : Polymarket, la plateforme de paris que le monde de la finance ne peut plus ignorer

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Israël va-t-il gagner l’Eurovision ? Discord entrera-t-il en Bourse avant 2027 ? Les Etats-Unis vont-ils envahir une partie du Groenland cette année ? A première vue, ces trois questions n’ont rien à voir. Elles ont pourtant un point commun : elles correspondent à des contrats sur Polymarket. Cette plateforme, fondée en 2020 par l’américain Shayne Coplan, alors âgé de 22 ans, permet de parier sur l’issue d’un événement futur. Comme son principal concurrent Kalshi, elle affiche des cotes reflétant la probabilité qu'une hypothèse se réalise, du sport à la géopolitique en passant par la météo. Les participants peuvent prendre position "pour" ou "contre" grâce à un système d'échanges décentralisés, adossé à la blockchain.

Le pari politique ne date certes pas d’hier. En 1896, le New York Times évoquait déjà dans ses pages les cotes de la victoire de William McKinley à l'élection présidentielle américaine. Un siècle plus tard, la pratique s’est institutionnalisée. Avec son interface ludique, Polymarket comptait plus de 500 000 utilisateurs mensuels actifs fin 2025, selon le site Token Terminal. Son succès est tel que la société Intercontinental Exchange (ICE), propriétaire de la Bourse de New York, a annoncé l'automne dernier investir 2 milliards de dollars dans l’entreprise et distribuer ses données.

Dans le monde de la finance, chacun rêve d’avoir une boule de cristal pour faire les meilleurs choix d'investissement. Pas étonnant, donc, que cet ovni spéculatif pique la curiosité de ce microcosme. Goldman Sachs, par exemple, a récemment cité les données de Polymarket dans une présentation sur le risque politique en France. Le milieu académique s'y met, lui aussi : le chercheur à l'université de Berkeley, Barry Eichengreen, s'est appuyé sur les marchés dits prédictifs dans ses recherches sur l'indépendance des banques centrales. Chez l’assureur-crédit Coface, l’économiste Marcos Carias a commencé à y prêter attention lors du dernier scrutin américain. "Tandis que les sondages officiels montraient un panorama partagé, les marchés de prédiction faisaient déjà apparaître un petit avantage en faveur de Donald Trump", se souvient-il.

Plus fiable qu'un sondage

Alors pourquoi un tel engouement ? La réponse est résumée dans une expression anglaise : put a skin in the game. En clair, les participants ne se contentent pas d’exprimer une opinion ; ils s’engagent en engageant de l'argent, avec le risque de perdre tout ou partie. Dès lors, les vœux pieux deviennent coûteux. "Les prix reflètent le sentiment agrégé de tous les participants, pondérant l'actualité, les données, les avis d'experts et la culture pour déterminer les probabilités réelles", peut-on lire sur le site de Polymarket. D'après la plateforme, le résultat correspond à l'hypothèse plébiscitée dans 88 à 95 % des cas, selon la période précédant la résolution du contrat.

Cette "Bourse de la vérité" agit donc comme un baromètre de l'insaisissable – et pourtant cardinal – sentiment de marché. Un moyen de matérialiser les risques contre lesquels les investisseurs se couvrent. "Sa nouveauté est d’apporter une probabilité chiffrée à un événement qui n’est pas explicitement échangé sur les marchés financiers, comme une élection ou un risque géopolitique", souligne Alexandre Stott, de Goldman Sachs. Autre avantage : "Polymarket donne des informations sur l’opinion en temps réel et son échantillon beaucoup plus large que celui des sondages traditionnels renforce sa représentativité", précise Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marché chez IG France, qui scrute ce type de plateformes sur les sujets liés à l’actualité politique américaine, comme la probabilité d'un shutdown quand la question se pose.

Depuis quelque temps, le phénomène a traversé l'Atlantique. Après la dissolution de l'Assemblée nationale, en juin 2024, Polymarket avait lancé un contrat sur la possibilité que Michel Barnier termine l’année en tant que Premier ministre. "De nombreux participants de marché s’en sont servis comme indicateur pour évaluer le risque politique français, se souvient Alexandre Stott. C’est la première fois que l’on a vu en France une corrélation aussi claire entre la probabilité implicite d’un marché de prédiction et les mouvements des taux d’emprunt et d’autres actifs français".

Quelques mois plus tard, les paris sur le site de Shayne Coplan ont été interdits depuis l'Hexagone, jugés non conformes aux règles des jeux d'argent et de hasard. Nos spécialistes reconnaissent d'ailleurs prendre ses données avec des pincettes. "Les signaux de Polymarket nous permettent de questionner nos hypothèses, mais il est encore trop tôt pour les intégrer dans nos modèles, explique Guillaume Lasserre, directeur des gestions chez LBP AM. Nous restons méfiants car ce marché parfois étroit et influencé par un petit nombre sur certains contrats semble manipulable". Celui sur la chute du président du Venezuela, Nicolas Maduro, en a été une illustration : un des participants a empoché une somme colossale, éveillant des soupçons de délit d'initiés. Certes, ces paris sont un précieux indicateur de l'opinion collective à un instant T... mais sont loin de "prédire" un résultat. Il peut paraître étonnant, par exemple, qu'au 30 janvier la probabilité que Maduro reste le leader du pays fin 2026 soit évaluée à 12 % contre 4 % juste après sa capture par les Etats-Unis. A manipuler, donc, avec précaution.















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