Le Dalaï Lama exprime sa "gratitude" après avoir reçu son premier Grammy
A 90 ans, le lauréat du prix Nobel de la paix, qui vit en exil en Inde, est considéré dans le monde entier comme le champion de la liberté du Tibet, sauf en Chine qui en a fait son ennemi.
Lors de la 68e édition des Grammy Awards dimanche à Los Angeles, il s'est vu décerner une récompense pour son livre audio "Méditations : Réflexions de Sa Sainteté le Dalaï-Lama".
"Je reçois cette distinction avec gratitude et humilité", a-t-il dit dans un message publié sur les réseaux sociaux.
"Je ne la considère pas comme un honneur personnel, mais comme reconnaissance de notre responsabilité universelle commune", a ajouté celui qui est, depuis l'âge de 2 ans, le 14e chef spirituel et politique des Tibétains, dûment identifié, selon la tradition bouddhiste.
"Je crois vraiment que la paix, la compassion, le souci de notre environnement et la compréhension de l’unité de l’humanité sont essentiels au bien-être collectif des huit milliards d’êtres humains", a-t-il ajouté.
Son livre audio, disponible sur les plateformes musicales, a notamment été réalisé avec la participation de la chanteuse pop féministe Maggie Rogers et du compositeur américain Rufus Wainwright, qui reçu dimanche la récompense au nom du Dalaï Lama.
L'an dernier, l'ex-président américain Jimmy Carter avait remporté un Grammy Award à titre posthume récompensant la version audio d'un recueil de ses discours.
Les présidents américains Barack Obama et Bill Clinton en ont chacun remporté deux dans cette catégorie.
Le Dalaï-Lama n’avait que 23 ans lorsqu’il a fui Lhassa, la capitale tibétaine, craignant pour sa vie après l’écrasement d’un soulèvement par les troupes chinoises en 1959, et n’est jamais revenu.
Il insiste sur le fait qu’il a encore de nombreuses années à vivre, mais les Tibétains se préparent à un avenir inévitable sans lui.
Considéré par les bouddhistes tibétains comme la 14ème réincarnation du maître que se sont choisi en 1391 des moines, il a renoncé à tout rôle politique en 2011 au profit d'un gouvernement élu.
L'an dernier, le Dalaï Lama a évoqué la fin de son règne entamé en 1937, et confirmé que son successeur serait désigné à sa mort selon la tradition, contre la volonté de Pékin qui entend imposer leur candidat.
