Des fibres textiles mélangées à des matériaux biosourcés : la startup Blendcel lève les verrous
Les différents composants de ce textile, le coton et la viscose, sont extraits par un procédé chimique pour les transformer en nouveaux matériaux techniques cellulosiques entièrement biodégradables et sans additifs. Suite aux années de travaux de recherche menées au Centre de Mise en Forme des Matériaux, CEMEF – Mines Paris, à Sophia Antipolis, Marion Négrier, docteure en chimie des matériaux est fière du parcours scientifique et technologique : « après ma thèse de doctorat, au CEMEF, sur le recyclage des textiles en aérogel (matériau poreux), j’ai créé et développé un procédé pour transformer le coton et la viscose en nouveaux matériaux techniques cellulosiques ; il a pour objectif de concevoir des matériaux polyvalents pour différentes applications ». La démarche scientifique est claire ; elle s’inscrit dans une volonté de répondre à des problématiques réelles et urgentes. Le constat est implacable. Chaque année dans le monde, plus de 100 millions de tonnes de déchets textiles sont générées, l’équivalent du poids de 15 pyramides de textile compressé. Parmi ces déchets, 30% sont faits de fibres d’origine végétale comme le coton et la viscose. Seulement 7% de ces déchets sont recyclés et 1% est transformée en nouveau fil à cause des mélanges de fibres complexes à séparer. Initialement, les travaux de recherches de Marion Négrier portaient sur la préparation de matériaux biosourcés poreux, les aérogels, à partir de déchets textiles pour un super isolant thermique. Efficace et à forte valeur ajoutée mais coûteux à produire, le procédé a évolué pour une production de matériaux viable économiquement.
