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Après le suicide d'une institutrice dans le Cantal, l'Education nationale admet une "défaillance"

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L'enquête administrative diligentée après le suicide de Caroline Grandjean le 1er septembre dernier a conclu à une "défaillance institutionnelle dans le soutien" qui lui a été apporté, a indiqué le ministère de l'Education.

"Ce constat repose en partie sur le sentiment éprouvé par l'enseignante que l'institution n'a pas toujours fait bloc avec elle face aux conflits avec certains parents", souligne-t-il. Il rapporte que l'enquête a pointé "des décisions administratives vécues comme des injustices, par exemple s'agissant du refus d'attribuer une bonification de points liée à son handicap (RQTH) pour sa mobilité".

Selon lui, "bien que cette bonification n'était pas mathématiquement nécessaire pour obtenir sa mutation, ce refus, fondé sur une lecture stricte des règlements, a privé Mme Grandjean d'une forme de reconnaissance et de soutien institutionnel dont elle avait besoin à ce moment-là".

"C'est un sentiment de satisfaction que l'Education nationale reconnaisse une défaillance mais derrière, il y a des responsables et ils ne sont pas reconnus dans le rapport", a déclaré à l'AFP Christine Grandjean-Paccoud, veuve de l'enseignante.

"Je suis en colère que cette enquête ne soit pas intervenue plus tôt, notamment quand les syndicats ont fait un signalement à la Dasen (direction académique des services de l'éducation nationale) en stipulant qu'elle jouait avec la vie d'un agent et qu'ils n'ont eu aucune réponse. C'est grave", affirme-t-elle.

Parallèlement à cette enquête administrative, Mme Grandjean-Paccoud a déposé plainte contre l'Education nationale pour "harcèlement", visant également le maire du village de Moussages, où est située l'école primaire dont l'enseignante était directrice.

"Bien sûr qu'il y a des responsables, mais on ne lâche rien, mon avocat fera le reste au pénal pour qu'ils soient reconnus et qu'il y ait un procès", a assuré la veuve de Caroline Grandjean.

"Je me bats pour Caroline, elle me donne la force de le faire", a-t-elle ajouté, expliquant que l'enseignante de 42 ans n'avait "jamais été reconnue comme victime": "s'il y a une chose qu'elle détestait c'était l'injustice, je l'ai vu se détruire, elle n'était plus elle-même".

-Dysfonctionnements-

Le ministère annonce par ailleurs "renforcer la formation de ses cadres à la gestion des situations de détresse psychologique", "à la lumière de ces conclusions, et conformément aux recommandations de la mission".

"L'objectif est de garantir qu'à l'avenir nos processus RH (ressources humaines, ndlr) ne soient pas seulement réglementaires, mais traités avec toute l'humanité et le discernement requis", a-t-il ajouté.

"Je suis satisfait comme toute la communauté enseignante que les trois inspecteurs généraux concluent à une faute institutionnelle de la hiérarchie de proximité (…) L'Education nationale a un énorme travail de RH à mettre en place car l'humain n'est pas toujours au rendez-vous dans ce ministère", a réagi Thierry Pajot, secrétaire général du syndicat des directeurs et directrices d'école S2DE. Il précise n'avoir cependant pas eu connaissance du rapport dans son ensemble.

Pour Stéphanie Lavergne, co-secrétaire départemental du Snuipp-FSU dans le Cantal, les conclusions du rapport ne sont pas "surprenantes puisque ce sont des défaillances que nous avions signalées".

Ce rapport "met la lumière sur un certain nombre de dysfonctionnements qui ont eu lieu et auraient pu être évités", selon elle.

Caroline Grandjean était la cible depuis septembre 2023 de harcèlement en raison de son homosexualité et s'est suicidée le jour de la rentrée scolaire 2025, un drame qui a suscité l'émoi dans le monde enseignant.

Des tags "sale gouine" et "gouine = pédophile" avaient notamment été découverts sur les murs de son école.

Le jour des obsèques de l'enseignante début septembre, Christian Vert, le maire de Moussages, avait exprimé auprès l'AFP sa "consternation" tout en assurant l'avoir "soutenue" et avoir déposé lui-même plusieurs plaintes.

Une enquête avait été ouverte après ces inscriptions mais classée sans suite en mars 2025 "en l'absence de faits nouveaux", avait alors indiqué le parquet. En arrêt maladie, l'enseignante s'était vue proposer un poste à quelques kilomètres de Moussages pour la rentrée scolaire mais avait été incapable de reprendre son travail.















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