Nantes – Lyon (0-1) : L’OL gagne à dix et poursuit sa folle série
Rien ni personne ne semble pouvoir enrayer la mécanique de précision rhodanienne, pas même ses propres démons. Dans une Beaujoire incandescente mais finalement douchée, l’Olympique Lyonnais a signé un douzième succès consécutif toutes compétitions confondues en disposant de Nantes au forceps (0-1). Cette victoire, acquise dans la douleur et l’infériorité numérique, confirme que l’équipe de Paulo Fonseca est touchée par la grâce. Bien installés sur le podium avec trois points d’avance sur l’OM avant le Classique, les Gones imposent un rythme d’enfer et prouvent qu’ils savent gagner même quand le vent souffle de face.
Le réalisme froid des Gones
Pourtant, les Canaris auraient pu, et dû, faire plier cette équipe. Dès l’entame, les Nantais ont manqué de réalisme dans la zone de vérité, Kaba touchant le poteau (8e) et Abline tirant au-dessus (11e). Une inefficacité fatale face à un OL aussi clinique. À la 25e minute, sur une merveille de centre de Moreira, Pavel Sulc surgissait au point de penalty pour couper la trajectoire et ouvrir le score. 0-1. Contre le cours du jeu, peut-être, mais tellement symptomatique d’une équipe en pleine confiance qui punit à la première étincelle, même si Nartey et Tessmann auraient pu alourdir la marque avant la pause.
Mais ce Lyon a affiché deux visages : celui du réalisme et celui de la nervosité. Frustré par son impuissance face à un Anthony Lopes vigilant (27e), le prodige Endrick a disjoncté. Coupable d’une balayette dangereuse sur Tabibou, le Brésilien a vu rouge (58e), laissant ses partenaires à dix pour la dernière demi-heure. Une tache noire dans son parcours rayonnant dans le Rhône, qui le privera des chocs contre Nice et Strasbourg, mais qui a paradoxalement soudé le collectif lyonnais dans l’adversité.
Endrick, le génie et le démon. Le carton rouge du prodige a mis Lyon en danger, mais n’a pas entamé sa marche implacable vers le podium
Greif, la muraille infranchissable
C’est là que la solidarité lyonnaise a pris le relais, incarnée par un Dominique Greif héroïque. Réduits à dix, les Gones ont subi les vagues jaunes, mais le portier slovaque a tout repoussé. El Arabi a tout tenté, de la tête comme du pied (50e, 69e), mais il a trouvé un mur face à lui. Même l’ancien de la maison, Lepenant, s’est cassé les dents sur Greif en fin de match (88e), tandis qu’Abline a trouvé le poteau sur la dernière tentative des Canaris (90e+1). Fonseca a eu raison de ne rien changer tactiquement jusqu’à la 85e minute : ses guerriers ont tenu le choc.
Pour Nantes, la pilule est amère. Seizièmes et désormais relégués à six longueurs du Havre, les hommes de Kantari voient le bon wagon s’éloigner malgré une prestation honorable. Ils ne tomberont pas tous les week-ends sur un adversaire aussi insubmersible. Pour l’OL, en revanche, tous les feux sont au vert. Avec cette dynamique de rouleau compresseur et ce nouveau clean sheet héroïque, le podium semble verrouillé. Quand on gagne même à dix et sans sa star, c’est qu’on a l’étoffe des très grands.
