Venezuela : l’administration Trump commence à lever les sanctions
Au vu des derniers développements au Venezuela « tout le monde est content », ou du moins a de quoi se réjouir de l’enlèvement du président Maduro par un commando américain il y a un mois. Les Etats-Unis, tout d’abord, qui semblent avoir obtenu une partie de ce qu’ils voulaient : l’ouverture aux firmes américaines du secteur pétrolier du pays qui possède les plus grandes réserves d’or noir de la planète, ainsi que l’assurance (à confirmer, toutefois) par Caracas de ne plus se comporter en « porte-avions » de l’Iran, la Russie et la Chine.
Le régime a aussi des motifs, paradoxaux, de satisfaction, puisqu’il a survécu, au prix du sacrifice certes, de son numéro un (dont le kidnapping peut d’ailleurs susciter des questions : comment les 36 gardes du corps cubains du président retranchés avec lui dans une résidence fortifiée ont pu être éliminés en quelques minutes par un commando débarqué d’un hélicoptère sans aide interne ?). Quant à l’opposition, elle peut se sentir cocufiée mais aussi rêver d’une victoire si les élections ont lieu en juillet, comme prévu par la Constitution.
Signe de cette sortie de crise par le haut, Washington a continué mardi soir à lever des sanctions pour faciliter l’exploitation du pétrole vénézuélien par des entreprises américaines. Son ministère des Finances, qui gère les sanctions économiques, est ainsi en train de lever par étapes l’embargo mis en place en 2019 sur l’or noir du pays. Dans un document publié mardi par l’administration Trump, sont autorisées les transactions impliquant des « entités américaines établies » tout au long de la chaîne de production du pétrole, de l’extraction à la livraison, en passant par le raffinage et le stockage. Des conditions sont également fixées pour éviter que le pétrole n’aille en Russie, en Iran, en Corée du Nord, à Cuba ou encore en Chine. L’Assemblée nationale vénézuélienne a par ailleurs récemment voté une réforme pour ouvrir le secteur pétrolier au secteur privé, bouleversant complètement le modèle hérité de l’ex-président Chavez (1999-2013), d’inspiration ultra-collectiviste.
Enfin, le ministre américain de l’Energie, Chris Wright, a annoncé lundi qu’il comptait se rendre prochainement au Venezuela. Des années de gabegie et de corruption y ont fait passer la production d’un pic de plus de trois millions de barils par jour au début des années 2000 à un plus bas historique de 350 000 en 2020. Selon les autorités, le Venezuela produit désormais 1,2 million de barils par jour.
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