OM : Gouiri dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas
Le scénario est devenu une habitude macabre, une tragédie grecque qui se rejoue inlassablement sur la pelouse du Vélodrome. Mener, dominer, puis s’effondrer dans les dernières minutes. Face à Strasbourg, l’Olympique de Marseille a encore trouvé le moyen de s’autodétruire, concédant un match nul (2-2) au goût de défaite après avoir mené 2-0. Le départ de Roberto De Zerbi et l’intérim de Jacques Abardonado n’y ont rien changé. Le mal est profond, incurable. Dans un stade hostile, où les banderoles visaient autant les dirigeants que les joueurs, la crise s’est encore aggravée.
« C’est nous sur le terrain, on doit être plus efficaces »
Au milieu de ce naufrage, un homme a pourtant crevé l’écran, sur le terrain comme devant les micros. Auteur d’un but et d’une passe décisive, Amine Gouiri a été l’un des rares à surnager. Mais c’est après le match, au micro de BeIN Sports, que l’attaquant algérien a eu les mots les plus justes, les plus lucides. Alors qu’on l’interrogeait sur les choix du coach, il a balayé la question d’un revers de main pour pointer la seule et unique vérité : « Ce n’est pas une question de choix, quand ça se répète une dizaine de fois… c’est nous (les joueurs, ndlr) sur le terrain, on doit être plus efficaces ».
Ce mea culpa est d’une importance capitale. Dans un club où l’on a trop souvent l’habitude de se cacher derrière l’entraîneur, la direction ou l’arbitrage, cette prise de parole est un électrochoc. Gouiri a eu le courage de le dire : les premiers responsables, ce sont les acteurs. Ce sont eux qui, à 2-1, reculent inexplicablement. Ce sont eux qui, à la 91ème minute, ratent le but du KO. Et ce sont eux qui, à la 94ème, commettent une faute stupide dans la surface.
Un sentiment d’impuissance et une saison en péril
Le discours de Gouiri traduit un sentiment d’impuissance qui traverse tout le club. Les entraîneurs passent, les systèmes changent, mais les mêmes erreurs se répètent, inlassablement. Cette fragilité psychologique, cette incapacité à tuer les matches, est devenue la marque de fabrique d’une équipe à la dérive. La saison est en train de virer au cauchemar, et chaque match à domicile devient une épreuve.
Ce nul face à Strasbourg est bien plus qu’une simple contre-performance. C’est le symptôme d’un mal profond qui ronge le vestiaire. Il reste un quart de finale de Coupe de France pour tenter de sauver les apparences, mais sans un sursaut d’orgueil et une prise de conscience collective, la fin de saison s’annonce longue et douloureuse. Amine Gouiri a montré la voie. Reste à savoir si ses coéquipiers l’entendront.
