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PLF 2026 : la surtaxe sur l’IS, ou comment taxer le « made in France »

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La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, prolongée dans le projet de loi de finances pour 2026 (alors qu’elle devait disparaître !), est présentée comme un effort ciblé sur les « grands groupes ». En réalité, elle modifie profondément la fiscalité de la production en France et nuit gravement à la compétitivité. C’est du ruissellement à l’envers !

Il s’agit d’une majoration de l’impôt sur les sociétés : +20,6 % pour les entreprises réalisant plus de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires, et +41,2 % au-delà de 3 milliards. En cumulant IS, contributions annexes et surtaxe, le taux global peut atteindre environ 36 % d’imposition effective. (fipeco.fr)

La mesure a été créée dans la loi de finances 2025 et devait être limitée à un seul exercice. Rien n’est plus durable en France qu’un impôt provisoire…

L’argument politique est connu : faire contribuer les « grands groupes » pour réduire le déficit public. Le gouvernement espère ainsi dégager plusieurs milliards d’euros de recettes supplémentaires dans un budget déjà contraint. Mais c’est oublier une réalité économique : les entreprises visées sont précisément celles qui produisent, investissent et exportent depuis le territoire français. Autrement dit, ce que la surtaxe frappe en priorité, ce n’est pas une abstraction financière : c’est le « made in France ».

Car l’impôt sur les sociétés ne taxe pas seulement des profits comptables ; il augmente le coût du capital et réduit la rentabilité des projets industriels. Dans une économie ouverte, une hausse brutale de la fiscalité locale ne pénalise pas les concurrents étrangers : elle encourage simplement les groupes internationaux à localiser ailleurs leurs investissements futurs. Plusieurs acteurs économiques ont d’ailleurs déjà donné l’alerte sur le risque d’un taux d’imposition devenu peu compétitif par rapport aux standards européens. (Reuters)

Il faut se rappeler, à ce titre, que le taux légal moyen dans l’OCDE est bien moindre : « il a reculé de 28.0 % en 2000 à 21.7 % en 2019, et il est resté depuis relativement stable. » (OCDE)

Le paradoxe est frappant : au moment où l’on multiplie les discours sur la réindustrialisation et la souveraineté économique, on renchérit la production intérieure. La surtaxe ne crée ni usines ni emplois ; elle agit comme une taxe implicite sur l’activité productive réalisée en France, tout en laissant intactes les causes structurelles du déficit public.

Remettre les pendules à l’heure suppose de sortir de cet illogisme. Une stratégie de compétitivité cohérente ne saurait consister à cibler ponctuellement quelques grandes entreprises pour combler un trou budgétaire, mais devrait au contraire chercher à stabiliser la fiscalité et à alléger les coûts. Réduire les dépenses publiques plutôt qu’augmenter l’impôt sur la production, simplifier les normes et garantir une trajectoire fiscale lisible : voilà les leviers capables d’attirer durablement les investissements.

A force de vouloir taxer les « grands », on finit surtout par taxer ceux qui fabriquent et exportent. Et donc, très concrètement, le « made in France ».

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