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Февраль
2026

A la faveur du réchauffement Pakistan-Bangladesh, des Bengalis rêvent de revoir leur famille

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Shah Alam n'était pas parti pour rester. Et pourtant, près de 30 ans après avoir pris la route pour Karachi, coeur nevralgique du Pakistan, il y est toujours.

"Je voulais rentrer, mais ce n'était pas possible. Les relations (bilatérales) n'étaient pas bonnes. Je n'avais pas d'argent non plus pour rentrer chez moi", raconte ce vendeur de produits de la mer séchés, âgé de 60 ans.

La reprise récente des vols directs entre les deux pays voisins, après une suspension de 14 ans, lui a donné une lueur d'espoir. Depuis, il prépare son voyage pour enfin revoir ses proches au Bangladesh.

"J'irai", affirme-t-il, près du marché bengali où il écoule ses articles pour un maigre pécule de 7 à 9 dollars par jour.

"J'ai quelques difficultés financières mais j'irai certainement avec mon fils après l'aïd al-adha (aïd el-kebir)", dit-il, en référence à l'importante fête musulmane qui doit avoir lieu fin mai.

Remarié au Pakistan, il possède toujours des terres agricoles et la maison familiale au Bangladesh.

"Tout est là-bas. Je suis bloqué ici", se lamente-t-il. "A présent, je veux voir mon grand-frère et ma fille mariée, qui vivent au Bangladesh".
"Je suis un Pakistanais"
Les deux pays musulmans, aujourd'hui séparés par environ 1.500 kilomètres de territoire indien, se sont scindés en 1971 au terme d'une guerre sanglante.

Le conflit a fait des centaines de milliers de morts -- des millions selon les estimations bangladaises --, et l'armée pakistanaise a été accusée de nombreuses atrocités.

Il y aurait actuellement au Pakistan plus d'un millions de Bengalis, groupe ethnique originaire du Bengale, région du sous-continent indien partagée entre l'Inde et le Bangladesh. Pour beaucoup arrivés au cours de la guerre.

La communauté accuse depuis longtemps le Pakistan de ne jamais avoir considéré ses membres comme des citoyens, et de les priver de certains droits tels l'accès à l'éducation, la propriété, ou d'opportunités professionnelles.

Hussain Ahmed, dont la famille vit à Macchar Colony, vaste bidonville de Karachi où la plupart des habitants sont bengalis, n'a ni la nationalité pakistanaise, ni carte d'identité.

"Comment pourrais-je y aller (au Bangladesh) ? Je veux y aller", lance le jeune homme de 20 ans, qui travaille dans une usine de poissons. "Même mon père n'a pas de carte d'identité. Comment pourrais-je en avoir alors ?".

La plupart des Bengalis sortent peu de leurs quartiers, de peur d'être interrogés par les autorités.

"Je suis un Pakistanais, mais je n'ai pas ma carte d'identité", confie à l'AFP un autre bengali, Ahmed, 22 ans.

Il assure avoir les documents requis, mais n'est pas en mesure de prouver que sa famille vivait dans ce qui est aujourd'hui le Pakistan avant 1971.

"Ils m'ont déclaré bangladais, mais je suis un Pakistanais", soutient-il.

A l'instar de beaucoup d'autres bengalis apatrides aux yeux des autorités, le reste de ses proches vit au Bangladesh et il n'a jamais pu les rencontrer.

- "Relation cordiale" -

Muhammad Rafiqul Hussain, homme politique local né à Karachi, explique à l'AFP que les Bengalis comme lui vivent dans différentes régions du pays et contribuent à l'économie au même titre que les Pakistanais.

Il est l'un des sept élus de la communauté qui la représente à la Corporation métropolitaine de Karachi, une agence de la municipalité.

"Il s'agit de notre quatrième génération au Pakistan", déclare-t-il, précisant qu'il existe plus de 106 quartiers bengalis dans la ville.

Pour lui, la nouvelle "relation cordiale" entre Dacca et Islamabad fait une grande différence pour les Bengalis du Pakistan.

"Tout le monde est heureux" de ce réchauffement, certifie-t-il. "Cela va faire progresser l'économie des deux pays. Cela va encouranger la fraternité que nous avions par le passé".

Déplorant néanmoins que la communauté vive "avec un sentiment de privation", notamment de sa culture, les bengalis "sont contents de la nouvelle relation développée par les deux pays", confirme l'avocat et militant Hafiz Zainulabdin Shah.

"Cela devrait continuer pour toujours", espère-t-il.















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