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Февраль
2026

Droits de douane de Donald Trump : tout comprendre aux nouvelles surtaxes entrées en vigueur ce mardi

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C'est reparti pour un tour ? Depuis ce mardi 24 février, les Etats-Unis ont imposé une nouvelle taxe mondiale de 10 % à tous les pays, et ce pour une durée de 150 jours. Quelques jours après son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump s'est engagé dans une guerre commerciale... à coups de droits de douane. Dans un dernier retournement de situation, la Cour suprême américaine a invalidé vendredi 20 février une série de droits de douane décidés par la Maison-Blanche, après des mois de négociations avec le monde entier. Contrairement à ce qu'affirmait Washington, le pays n'était pas en situation d'urgence nationale, rendant ainsi l'invocation de la loi IEEPA (NDLR : International Emergency Economic Powers Act) illégale.

Quels nouveaux tarifs ?

Privé de son levier d’urgence nationale, le président américain a immédiatement activé une autre base juridique, se fondant cette fois sur la section 122 de la loi sur le commerce de 1974. Une première : cette disposition n'ayant jamais été utilisée pour fixer des taxes. Elle permet au chef de l'Etat de réduire les importations en imposant des droits de douane jusqu'à 15 % pour rééquilibrer les échanges entre les Etats-Unis et leurs partenaires économiques dès lors qu'un déséquilibre marqué de la balance des paiements est démontré. Cette taxe peut être appliquée pendant une période maximale de 150 jours, soit jusqu'au 24 juillet. Après avoir annoncé ce week-end qu'ils seraient de 15 %, les nouveaux droits de douane de Donald Trump entrent finalement en vigueur ce mardi à 10 %.

Cette taxe vient s'ajouter aux droits de douane déjà en vigueur avant les augmentations invalidées par la cour suprême. En moyenne, l'UE était taxée à hauteur de 4,8 %. Mais pour certains produits, taxés plus sévèrement, les tarifs s'envolent. Entre autres, les fromages européens, dont les droits de douane étaient fixés à 14,8 % en 2024, frôlent désormais les 30 %.

Des pays sortent-ils gagnants ?

Oui. C'est le cas des pays auxquels Donald Trump a voulu imposer les tarifs les plus sévères pendant sa guerre commerciale de 2025. 50 % pour le Brésil, 39 % pour la Suisse, 30 % pour le Canada, 25 % pour le Mexique... Tous sont moins pénalisés qu'anticipé par cette décision. L'Asie du Sud-Est, est également gagnante. L'Indonésie, la Malaisie, les Philippines, la Thaïlande et le Cambodge, avaient tous écopé de droits de douane de 19 % l'année précédente.

Le titre de plus grand gagnant revient à la Chine qui a vu ses droits de douane culminer jusqu'à 145 %, avant que Pékin et Washington ne conviennent d'une "trêve commerciale" fixée à 30 %.

Quant aux alliés de la Maison-Blanche, épargnés en 2025, ils passent du côté des perdants. Par exemple, l'Argentine de Javier Milei, fidèle parmi les fidèles, s'en était tirée avec 10 % de droits de douane. A partir d'aujourd'hui, le pays devra également additionner cette nouvelle taxe à ses tarifs de 2024.

Que deviennent les accords conclus avec Washington ?

A Bruxelles, c'est l'incertitude qui règne. Depuis la décision de la Cour suprême, le Parlement européen a suspendu la ratification de l’accord de Turnberry. Cette négociation a permis au 27, taxés à hauteur de 25 % début 2025, de réduire la sanction à 15 %. "Un deal est un deal", s'est agacé la Commission européenne dimanche 22 février, déjà inquiète des conséquences qu'aurait cette nouvelle réglementation sur l’économie européenne. Et le Vieux Continent a de quoi se faire du souci. Si, pour l'heure, toutes les marchandises ne sont pas pénalisées, la taxe de 15 % que Donald Trump menace de dégainer mettrait en danger l'ensemble des secteurs européens. Mais le gel de Turnberry désavantage aussi les Américains. Pour obtenir une baisse des droits de douane, l'Union s'était engagée à supprimer ses taxes sur de nombreux produits américains.

Même son de cloche au Japon qui a déclaré avoir demandé aux Etats-Unis de garantir que son traitement dans le cadre d'un nouveau régime tarifaire serait aussi favorable que dans l'accord existant. La Grande-Bretagne et Taïwan ont également manifesté leur préférence pour le maintien de leurs accords.

Le deal que Washington a passé avec l'Inde risque aussi d'être suspendu. Pour échapper aux 50% de droits de douane que Washington lui avait imposés, New Delhi avait plié devant de nombreuses exigences américaines, dont la suppression de ses droits de douane et de ses barrières non tarifaires sur les marchandises américaines. L'Inde se serait également engagée à acheter américain à hauteur de plus de 500 milliards de dollars. Une clause de cet accord, qui autorise les deux parties à revoir leurs engagements en cas de modification des barrières tarifaires, pourrait permettre à New Delhi de se rétracter.

"Tous les pays qui voudraient jouer avec la décision ridicule de la Cour suprême, en particulier ceux qui ont plumé les Etats-Unis pendant des années, ou même des décennies, seraient confrontés à un droit de douane beaucoup plus élevé, et pire que tous ceux qu'ils ont récemment acceptés" a fustigé Donald Trump sur Truth Social, conscient des dangers qui pèsent sur ses accords arrachés.















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