Добавить новость
smi24.net
World News
Февраль
2026

En Angleterre, l’incroyable renaissance d’une langue que l’on croyait disparue

0

On l’appelait Dolly Pentreath. A sa mort, en 1777, cette marchande de poisson est présentée comme la dernière locutrice monolingue du cornique, une langue celtique pratiquée en Cornouailles, dans l’extrême sud-ouest de l’Angleterre. Un neveu de Napoléon Ier, Louis-Lucien Bonaparte, par ailleurs linguiste, viendra lui-même déposer une épitaphe sur sa tombe en 1860. Et pourtant… En 2026, cette langue officiellement déclarée "éteinte" gagne de nouveau des locuteurs.

VOUS SOUHAITEZ RECEVOIR AUTOMATIQUEMENT CETTE INFOLETTRE ? >> Cliquez ici et descendez en bas de la page

Les recherches les plus récentes ont conduit à nuancer à la marge la légende de la "dernière locutrice"(1). "Il est certain que le cornique a perdu son statut de langue d’usage quotidien de la population vers la fin du XVIIIe siècle. En revanche, il est probable que des personnes ont continué à le parler à côté de l’anglais au XIXe siècle, notamment des pêcheurs", indique Morwenna Jenkin, qui l’a elle-même appris à l’adolescence.

Le constat principal, cependant, demeure. Le cornique, qui avait connu un pic de 39 000 locuteurs au XIIIe siècle, a lentement reculé face à la pression de l’anglais, imposé comme langue de l’Eglise au XVIe siècle, puis comme langue de l’éducation au XIXe siècle. Au point, donc, d’être déclaré "langue éteinte" par l’Unesco dans son Atlas des langues en danger dans le monde.

Il est tout aussi incontestable qu’il connaît depuis quelque temps une nouvelle jeunesse. Environ 6 000 écoliers l’étudient désormais à l’école. Chaque année, quelque 200 adultes s’inscrivent pour suivre des cours. Des livres et des revues sont désormais publiés régulièrement dans cette langue proche du breton et du gallois. Plus important encore : une poignée de familles la transmettent de nouveau à leurs enfants, lesquels ont donc le cornique pour langue maternelle !

Pour autant, il faut raison garder. Selon les estimations, seules 500 à 5 000 personnes seraient capables de le parler – sur une population de 530 000 habitants, c’est très peu. Par ailleurs, "il n’existe pas de définition universelle de ce qu’est une langue 'éteinte', comme le souligne le linguiste James Costa, spécialiste de ce sujet. Il demeure que le regain auquel on assiste, aussi modeste soit-il, reste exceptionnel dans la mesure où les exemples de ce type sont rarissimes. James Costa cite le mannois à l’Île de Man, le palawa kani en Tasmanie, le taino dans les Caraïbes et bien sûr l’hébreu, même si, précise-t-il, "on s’approche dans tous ces cas de processus de (ré)invention linguistique".

Reste à expliquer une performance aussi surprenante, a fortiori dans un pays aussi "moderne" que le Royaume-Uni. Et sur ce point, tous les experts sont d’accord. Ce mouvement de revitalisation a commencé en 1904 grâce à Henry Jenner. Cet érudit, spécialiste des langues celtiques, publie cette année-là The handbook of the cornique langage, un ouvrage proposant une grammaire et une histoire du cornique. Bientôt s’agrègent autour de lui d’autres intellectuels, des bardes et des jeunes désireux de faire bouger les choses – dont le père de Morwenna Jenkin.

Peu à peu, des mouvements militants se mettent en place, et rendent de nouveau la langue "désirable" auprès d’une population qui, ce n’est pas un détail, s’est toujours sentie différente des Anglais. A partir des années 1970, une poignée de locuteurs se rassemblent dans des pubs pour parler et, surtout, décident de transmettre la langue à leurs enfants.

Les politiques finissent par suivre. Au niveau local, un élu et un fonctionnaire sont aujourd’hui chargés spécifiquement du sujet au sein du conseil de Cornouailles. Comme un symbole, les cinq députés de la région ont même prêté serment en cornique à la chambre des communes de Londres – où l’anglais n’est pas obligatoire. Sensible à cette pression grandissante, le gouvernement britannique vient de classer le cornique comme une langue relevant de la partie III de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires – la plus contraignante. A la clé : une présence renforcée dans l’enseignement, les administrations locales et les médias…

L’avenir n’est jamais écrit, mais, en 2026, il est permis d’espérer ne plus jamais voir le cornique classé parmi les langues éteintes.

  1. The Cornish Language in the Nineteenth Century, par Kensa Broadhurst.

Du côté de la langue française

À quoi servent les dictionnaires ?

Ils référencent les mots qui composent une langue. Ils donnent leurs définitions. Ils proposent des synonymes. En revanche, ils ne hiérarchisent pas : le fait qu’un mot figure dans un dictionnaire ne signifie pas qu’il est "meilleur" qu’un autre, mais qu’il est régulièrement employé. Voilà quelques rappels utiles effectués par le linguiste Arnaud Bernier sur le site du Robert. On ajoutera qu’il entre néanmoins une part de subjectivité dans les choix effectués, comme l’a montré la polémique autour du mot "iel", retenu par le Robert, mais pas par le Larousse.

Ces mots qui disparaissent à cause de la crise écologique

Parce que la biodiversité régresse, un certain nombre de termes disparaissent avec elle, souligne cet article d’Usbek & Rica qui explore les liens entre diversité écologique et diversité linguistique, en citant de nombreux exemples.

Parler d’économie en français, c’est possible

"Chargé de clientèle" plutôt qu’account manager ; "enseigniste" plutôt que sign maker ; "régime de paiement" plutôt que payment scheme… Telles sont quelques-unes des recommandations des commissions d’enrichissement de la langue française dans le domaine de l’économie, récemment publiées au Journal Officiel.

Du côté des autres langues de France

Les Français ont-ils renoncé volontairement aux langues régionales ?

Cette croyance répandue est erronée, soulignent dans cet article le linguiste Philippe Blanchet et l'historienne Rozenn Milin car elle ne prend pas en compte la totalité des faits et nie en particulier le rôle particulier joué par l’école. Un rappel utile au lendemain de la journée internationale des langues maternelles.

Participez au printemps des langues régionales d’Alsace-Moselle

La 24e édition du Friehjohr fer unseri Sproch ("le Printemps de la langue régionale") se tiendra à Saverne du 15 au 18 avril prochain. Ce rendez-vous dédié aux langues dites régionales d’Alsace et de Moselle proposera notamment des spectacles, des lectures, des concerts et de nombreuses animations bilingues.

La littérature francoprovençale en colloque

Le premier colloque universitaire international sur la littérature francoprovençale aura lieu les 6 et 7 mars prochains à Saint-Nicolas, dans le val d’Aoste (Italie), à l’initiative du Centre d’études francoprovençales René Willien. Il y sera notamment question d’auteurs français souvent ignorés dans leur propre pays.

Anthologie des poétesses en langue d’oc

Si elle reste ignorée des médias nationaux, la langue d’oc est vivante, et bien vivante. En témoigne notamment Poesia de Noste, antologia de la poesia feminina de lenga d’Òc, dirigée par Paulina Kamakina, dont le deuxième tome vient de paraître (un troisième tome est en préparation). Commande : loupetitauseth@gmail.com

Poesia de Noste, antologia de la poesia feminina de lenga d’Òc, Paulina Kamakine

Du côté des langues du monde

A Cortina d’Ampezzo, on parle aussi ladin

La langue historique de Cortina d’Ampezzo, qui vient d'accueillir les JO d’hiver, n’est pas l’italien, mais le ladin. Une langue latine, proche du vénitien ou du lombard, que décrit sur LinkedIn le grammairien Clément de la Vaissière.

La langue maternelle, élément majeur de l’identité

77 % des individus considèrent leur langue maternelle comme une part essentielle de leur identité et 66 % se sentent le plus "eux-mêmes" en l’utilisant. Tels sont quelques-uns des résultats d’une enquête de la plateforme Preply menée auprès de 3 600 personnes vivant en France, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne et au Japon.

A écouter

L’école peut-elle sauver les langues régionales ?

Longtemps, l’Etat a jugé que la transmission des langues dites régionales ne le concernait pas et a imposé le français, et le français seul, dans l’éducation. Aujourd’hui, des progrès ont été réalisés, mais de nombreux freins persistent, comme le détaille cette grande enquête en cinq volets de France culture.

A regarder

Pourquoi chantons-nous ?

Le chant serait-il notre langue originelle ? La parole ne serait-elle qu’une façon particulière de chanter ? Pourquoi, depuis toujours, le chant sert-il de ciment social aux communautés humaines ? Cette passionnante vidéo d’Arte répond à ces questions, et à beaucoup d’autres.















Музыкальные новости






















СМИ24.net — правдивые новости, непрерывно 24/7 на русском языке с ежеминутным обновлением *