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Февраль
2026

Remaniement : après la démission de Rachida Dati, Sébastien Lecornu et le cas Gérald Darmanin

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Demandez à l'entourage d'Emmanuel Macron de confirmer la date du remaniement, c'est avoir en retour l'occasion de réviser ses classiques de philosophie antique. Une poignée de jours avant le dimanche 22 février, date butoir avant laquelle Sébastien Lecornu s'était engagé à réaliser son "ajustement" gouvernemental, un prudent conseiller du palais ironisait : "Attendons de voir. En bon adepte de Socrate, j'applique son précepte : connais-toi toi-même..." Puisqu'il se connaît bien, il sait donc pertinemment qu'en Macronie plus qu'ailleurs 1) une date butoir n'est jamais butoir ; 2) l'Elysée et Matignon sont rarement sur la même fréquence ; 3) un Premier ministre n'est jamais à l'abri de se contredire et d'être chahuté. N'est-ce pas écrit en tout petit en bas de la fiche de poste ?

Ce devait être son moment. De plaisir, presque. Du moins, de retour à la normale. "On ne peut pas dire qu'il est joyeux de parler budget depuis quatre mois", explique-t-on dans l'équipe de Sébastien Lecornu. Après les négociations interminables, les concessions, les reproches (notamment de son camp), il allait pouvoir montrer ce qu'il avait dans le ventre et dans les idées. Et Matignon de redevenir une gare de triages des réformes après avoir été réduit à un super ministère des Relations avec le Parlement. Seulement, il n'était pas tellement prévu que ce mini-remaniement, voulu banal et bref, se révèle aussi pénible pour le Premier ministre.

Il y a de l'insolence dans l'air. Cela valait bien la peine de chercher, trouver puis nommer au gouvernement une kyrielle de ministres dits "de la société civile", faiblards en décibels, pour voir son autorité défiée de la sorte. Bien sûr, ce ne sont pas les Monique Barbut, Édouard Geffray ou autre Sébastien Martin qui ruent dans les brancards. "Ne cherchez pas à faire de la politique, à briller, je ne vous ai pas pris pour ça", leur a sommé d'emblée Sébastien Lecornu. Leur communication est par ailleurs méticuleusement verrouillée par Matignon et le directeur de cabinet du Premier ministre Philippe Gustin - "aussi control-freak que son boss", chuchotent plusieurs connaisseurs du duo - joue pleinement son rôle de surveillant en chef. Il faut aller chercher les impétueux chez ceux qui ont le verbe haut et la politique au cœur.

Fortes têtes

Un ministre a-t-il le droit de repousser, de son propre chef, sa date d'expiration ? A voir Rachida Dati s'accrocher à son maroquin à un peu plus de quinze jours du premier tour des municipales, il semblerait que oui. La ministre de la Culture, en pleine campagne offensive pour la mairie de Paris, a annoncé sa démission ce mercredi 25 février à BFMTV. Elle était pourtant priée par Sébastien Lecornu de faire ses cartons avant le 22 février, début de la période de réserve électorale, pour éviter le mélange des genres.

Depuis, l'ex-LR déployait des trésors d'inventivité et d'argumentaires pour repousser son bail rue de Valois. Un jour son écosystème à ne pas brusquer alors que des dossiers sont en cours de résolution, un autre la jurisprudence Édouard Philippe qui a fait campagne au Havre en 2020 malgré son poste à Matignon. "Le problème pour Lecornu, c'est que le mal est fait, estime un ancien cadre du gouvernement en contact régulier avec Dati. Non seulement il démontre, et ce n'est pas la première fois, qu'il fait l'inverse de ce qu'il dit, mais en plus que ses ministres peuvent s'amuser à le faire suer." À croire, comme le disait Édouard Philippe par le passé, que Sébastien Lecornu est "un garçon sous-estimé", même dans ses nouveaux habits de Premier ministre. Ne comptez pas sur l'Elysée pour trancher l'affaire : Emmanuel Macron, interlocuteur prioritaire de Dati - pour qui l'accès au président est direct et total - n'était guère pressé de remettre de l'ordre dans cette guerre larvée. Pourquoi siffler la fin de la récré ?

La maire du VIIe arrondissement a finalement décidé d'annoncer elle-même son départ du gouvernement avant que celui-ci ne soit remanié très probablement ce jeudi. De là à penser que Rachida Dati, après avoir fait savamment durer le suspense, n'escomptait pas être un nom parmi d'autres départs, notamment celui de Charlotte Parmentier-Lecocq, il n'y a qu'un pas. Il y a Dati et les autres. Au fond, qui sort le moins grandi de cette séquence ? Comme l'indique un soutien du Premier ministre : "Elle aurait pu sortir avec panache il y a deux semaines, en disant vouloir tout donner pour Paris ; aujourd'hui elle semble s'être accrochée à son poste pour finir remaniée avec les autres."

Avant Rachida Dati, un autre membre du gouvernement a tiré sur la corde tenue par Sébastien Lecornu : Gérald Darmanin. Il faut dire que l'ancien maire de Tourcoing a pour lui ce tout petit talent - amusant pour certains, comme le président ; irritant pour d'autres, notamment le Premier ministre - de tester les limites du raisonnable et de l'effronterie. Chez le Nordiste, le naturel revient au galop : après avoir plutôt joué fair-play durant l'examen du budget en feignant très proprement de ne s'occuper ni de politique partisane ni de son avenir présidentiel, le voilà qui chatouille à nouveau les mollets de son supérieur hiérarchique. La présidentielle 2027 ? "J'y songe", déclare-t-il sur LCI le 25 janvier, pour mieux tenter, en coulisses comme publiquement, de militer pour une primaire du bloc central pour déterminer son candidat. Vous avez dit provocation ? On n'ose y croire.

Même s'ils ont récemment dîné ensemble, la relation fusionnelle entre les deux hommes s'est largement dégradée depuis l'entrée à Matignon de Sébastien Lecornu. "Il n'y a rien de pire que le désamour, glisse un ami du ministre de la Justice. Il n'y a pas que le choc des ambitions, il y a aussi chez Gérald la déception d'être traité comme les autres, d'être moins associé qu'il l'aurait imaginé. La confiance s'est effritée."

Rappelez-vous, déjà lors de l'élaboration de Lecornu II - qui avait suivi l'accident industriel du très éphémère Lecornu I - le ministre de la Justice ne devait pas être de l'aventure, sacrifié par son compère de toujours en quête de nouvelles têtes. Comme il aime le dire à ses amis, heureusement que le garde des Sceaux avait flairé le coup de grisou et contre-attaqué, sinon il aurait terminé comme Élisabeth Borne et Manuel Valls : sur le bas-côté.

L'avenir au gouvernement de Gérald Darmanin ne fait guère de doute, là encore protégé par le président de la République et par la volonté des deux têtes de l'exécutif de "ne pas tout chambouler", selon un conseiller du chef de l'Etat. Mais, de la même manière que Sébastien Lecornu fait du cas par cas concernant ses ministres candidats aux municipales, saura-t-il mettre de l'eau dans son vin au sujet des ambitions du garde des Sceaux ? Et trouver la parade quand celui-ci accélérera ses manœuvres avant l'été ? Au moins, Rachida Dati a quitté le navire. Pour l'autorité du Premier ministre, un enquiquineur, ça va ; deux, bonjour les dégâts.















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