Il faut supprimer la banque publique Bpifrance
La seule solution aux multiples maux qui accablent les Français – déficit budgétaire, dégradation des services publics, dette publique, financement des retraites, chômage, etc. – c’est « plus de libéralisme, moins d’État pour mieux d’État » a déclaré l’entrepreneur Éric Larchevêque dans l’émission Tic Tech, produite par Maddyness et Boursorama.
Au journaliste qui lui demandait où il fallait couper, Larchevêque a répondu sans hésiter : « On commence par virer la Bpi [ndlr : Banque publique d’investissement] ». Il a ajouté : « On doit revenir à un modèle où c’est le marché qui décide. […] Je pense que Bpi a aidé des entreprises qui n’auraient jamais dû être aidées ».
Éric Larchevêque a bien sûr raison. Comment ne pas penser à la startup Ÿnsect qui a reçu au moins 300 millions d’euros (M€) d’argent public et qui a été placée en liquidation judiciaire il y a un mois ? Dans un autre registre, comment ne pas évoquer Arc International, sous perfusion d’argent public depuis des dizaines d’années ?
On nous rétorquera que toutes les entreprises financées par Bpifrance ne finissent pas au tribunal de commerce. C’est vrai. Néanmoins, il est permis de s’interroger sur l’utilité des fonds apportés par l’organisme public qui ne représentent que 10% du montant total des levées de fonds réalisées par les entreprises de la « French tech » en 2025 (750 M€ tout de même). Autrement dit, la banque publique n’intervient que marginalement pour aider à boucler un tour de table – qui aurait peut-être mérité de ne pas l’être. Si les financements privés sont insuffisants, c’est sans doute que les investisseurs ne sont pas assez nombreux à croire au projet qui leur est présenté.
Bpifrance prétend « compenser les défaillances de marché et soutenir des projets jugés stratégiques ou insuffisamment financés par le secteur privé », selon le média en ligne Maddyness. Qui sont donc les quelque 3 500 collaborateurs de la banque publique qui savent mieux que le marché – c’est-à-dire, au bas mot, plusieurs centaines de milliers d’investisseurs privés – ce qui devrait être financé et ce qui ne le devrait pas ? Des surhommes ou simplement des hommes qui, ne jouant pas avec leurs propres deniers, ont plus de risque de se tromper que les investisseurs privés ?
Dans son dernier rapport d’activité, Bpifrance se targue d’avoir « injecté 63 milliards d’euros dans le financement de l’économie française » qui n’est pourtant pas celle qui se porte le mieux au monde. Et qui n’est pas non plus celle qui compte proportionnellement le plus de licornes.
Les entrepreneurs français n’ont pas besoin de Bpifrance. Ils ont besoin que l’État les laisse faire, sans être entravés par les normes et les impôts.
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