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Fraudes, formation, concurrence : comment l’IA rebat les cartes dans les cabinets comptables

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"Trois et deux font cinq. Cinq et sept douze. Douze et trois quinze. Bonjour. Quinze et sept vingt-deux. Vingt-deux et six vingt-huit… Vingt-six et cinq trente et un. Ouf ! Ça fait donc cinq cent un millions six cent vingt-deux mille sept cent trente et un. Cinq cents millions de quoi ? De... je ne sais plus... j’ai tellement de travail ! Je suis sérieux, moi, je ne m’amuse pas à des balivernes ! Deux et cinq sept..." Ainsi commence la rencontre du Petit Prince avec le businessman – comptable, dans le roman éponyme d’Antoine de Saint-Exupéry. Cinq cents millions de quoi au juste ?

Quatre-vingt-trois ans plus tard, la question reste d'actualité : selon une étude Dext/Censuswide (janvier 2026), 37 % des professionnels de la comptabilité signalent des pertes financières pour les entreprises à la suite de conseils erronés fournis par l’intelligence artificielle. De plus, 60 % des comptables passent jusqu'à trois heures par mois pour rectifier de petites erreurs quand 31 % perdent de quatre à dix heures par semaine à corriger des problèmes plus importants liés aux IA génératives.

Quand les clients se rebellent

"On utilise depuis longtemps l’IA notamment pour des extractions qui permettent de faire gagner du temps", explique Geoffrey Nozerand, responsable partenariat France de Dext, plateforme automatisée qui accompagne 2 000 cabinets comptables. Oublier la saisie à la main. Pour Thomas Corgnet, Chief Marketing Officer d'Acasi, cabinet d’expertise comptable en ligne dédié aux indépendants, une révolution s’est produite il y a cinq ans avec l’OCR (reconnaissance optique de caractères) appliquée aux documents et aux factures. "Avant son émergence, des personnes retapaient les chiffres, alors qu’aujourd’hui, dans 95 % des cas, l’OCR les reconnaît à la condition que le document ne soit pas froissé". "En revanche, l’IA est incapable d’analyser un bilan", affirme Geoffrey Nozerand. Selon lui, "en 2026, la profession comptable s'attend à ce que les risques s'intensifient si les entreprises continuent de s'appuyer sur des outils d'IA générative sans supervision des professionnels".

Un risque que décrit Thomas Corgnet : "avec l’émergence des LLM (grands modèles de langage), l’IA peut comprendre et répéter du texte, rechercher des sujets plus complexes, de la jurisprudence... C’est ce qu'on appelle le "RAG" (Retrieval Augmented Generation), qui permet de répondre à des questions en langage naturel. Mais les réponses sont probabilistes, et non déterministes, alors que nos clients ont besoin de réponses justes. C’est une aide pour les comptables, mais la vérification est indispensable". Dans le même temps, 59 % des comptables constatent une augmentation du nombre de clients qui s’appuient sur des conseils générés par l'IA pour remettre en question, ou contester, des conseils professionnels, et 59 % indiquent une hausse de ceux prêts à remplacer leurs services par l’IA (Etude Dext). Un low-cost assumé.

Former les jeunes générations

Par ailleurs, des fraudes existent, comme des notes de frais aux montants modifiés par l’IA : "Nous avons mis en place des logiciels de détection de l’IA pour les factures", souligne Geoffrey Nozerand. Si l’expert ne constate pas pour l’instant de diminution d’effectifs, la concurrence entre les cabinets s’accroît, ces logiciels génèrent de nouvelles dépenses et les comptables doivent surtout repenser leur métier autour du conseil, expliquer un bilan, une stratégie. "A terme, ceux qui ne se forment pas à l’IA risquent de perdre leur emploi", prévient-il. Un diagnostic nuancé par Thomas Corgnet : "Il y a un gain de productivité, donc moins de personnes nécessaires, mais comme il faut une meilleure qualité, de la valeur ajoutée, une personnalisation et une évolution du métier vers la relation client, je ne vois pas de vague de licenciements dans les dix prochaines années".

Il reste à savoir comment les jeunes générations vont apprendre le métier. Idriss Belloucif, associé expertise-comptable chez RSM (réseau mondial d’audit et d’expertise comptable présent dans 120 pays) confie l'avoir appris par "la saisie de débit et crédit". Comment en saisir aujourd’hui les subtilités ? En repensant les bases : avec 120 bêta-testeurs, l’expert fait de la recherche fondamentale dans le cadre d’une convention de mécénat de RSM France signée en janvier 2026 avec l’université Paris-Dauphine-PSL, au profit de la chaire "IA, Risque et Management" pilotée par François Acquatella, maître de conférences en systèmes d’information à Dauphine. Objectif : former les étudiants à la fois à la comptabilité et au contrôle de l’IA. Encadrer, notamment, les interprétations de "Claude". Et éviter qu’un épisode comme celui de Deloitte Australie ne se reproduise : en octobre 2025, le cabinet avait remis au gouvernement un rapport entaché de nombreuses erreurs, dues à une IA en pleine "hallucination". Un incident qui avait durablement ébranlé la profession.

GRAND COLLOQUE - "Apprendre et se former à l'ère de l'IA" - L’Express réunit patrons, dirigeants de grandes écoles, chercheurs et intellectuels, lundi 23 mars, à partir de 14h30, au théâtre Marigny, à Paris, pour réfléchir aux enjeux d’éducation et de formation. Pour vous inscrire, cliquez ici.















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