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Aux Etats-Unis, les Haïtiens toujours dans l'incertitude sur leur avenir

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"On n'avait pas ce genre d'angoisse, du genre: +vont-ils venir me chercher?+", confie à l'AFP cette aide-soignante, jointe au téléphone depuis Boynton Beach, en Floride. "C'est terrifiant".

Maryse Balthazar, installée aux Etats-Unis après le séisme dévastateur qui a frappé Haïti en 2010, fait partie des quelque 350.000 ressortissants haïtiens bénéficiant du Statut de protection temporaire (TPS), qui interdit leur expulsion vers des pays jugés dangereux.

Pour la plupart d'entre eux, retrouver leur pays, livré aux gangs et à la misère, n'est pas une option.

Mais Donald Trump et Kristi Noem, récemment limogée de son poste de ministre de la Sécurité intérieure, ont tenté à plusieurs reprises de mettre fin au TPS pour les Haïtiens.

L'administration Trump avait prévu de clore le programme le 3 février, mais la décision a été suspendue la veille par une juge fédérale.

Un jugement salué par Colin O'Leary, directeur d'une maison de retraite à Boston qui emploie de nombreux travailleurs haïtiens, comme un grand nombre d'établissements de soins. "Nous pensions perdre une part importante de notre personnel", raconte-t-il.

Malgré cette décision judiciaire, les témoignages de pertes d'emploi se multiplient au sein de la diaspora haïtienne aux Etats-Unis, certains employeurs devenant hésitants face aux incertitudes entourant le TPS.

Maryse Balthazar raconte ainsi que son fils a perdu son travail de réceptionniste.

Doris Etheart, gérante d'une épicerie caribéenne à New York, rapporte quant à elle que deux de ses cousins, arrivés en 2024, ont été licenciés de leurs postes d'agents de sécurité.

Quant à l'affluence dans le quartier haïtien de Brooklyn, celle-ci a nettement diminué.
"Ils se terrent"
"Ils vivent tous dans la peur, ils se terrent", explique cette Américaine, née de parents haïtiens arrivés aux Etats-Unis dans les années 1990.

La bataille judiciaire actuelle ravive un combat juridique entamé lors du premier mandat de Donald Trump. Ses tentatives pour mettre fin au TPS s'étaient alors heurtées aux tribunaux.

Dans sa décision, la juge Ana Reyes décrit Haïti comme "un pays plongé dans le chaos et la crise", s'appuyant notamment sur des déclarations du secrétaire d'Etat Marco Rubio.

Elle relève en outre une "hostilité" du gouvernement "envers les immigrés non-blancs", reprenant des propos de Kristi Noem qui les qualifiait de "tueurs, parasites et profiteurs des aides sociales".

Son ordonnance met enfin en avant le rôle de la main-d'œuvre haïtienne dans plusieurs secteurs-clés, dont la santé, générant 5,2 milliards de dollars de recettes fiscales par an.

Une initiative a également été lancée au Congrès par la représentante démocrate du Massachusetts Ayanna Pressley, soutenue par plus de 170 personnes, pour imposer le maintien du TPS pour Haïti.

Les défenseurs de la communauté ont par ailleurs encouragé les entreprises employant des immigrés haïtiens à faire pression en coulisses sur le gouvernement.

"Les entreprises craignent de défendre leurs intérêts (en public) car elles appréhendent des représailles", explique Brian Concannon, directeur exécutif de l'Institut pour la justice et la démocratie en Haïti.

La communauté haïtienne reste extrêmement méfiante. D'autant plus que l'administration Trump a déposé mercredi une requête auprès de la Cour suprême pour demander la suspension de l'ordonnance de Mme Reyes.

Eno Mondesir, responsable de santé publique dans le Massachusetts et pasteur, conseille ainsi aux ressortissants haïtiens de trouver des amis de confiance pour s'occuper de leurs enfants, en cas de détention.

"Je ne m'attendais jamais à voir aux États-Unis un mépris total des droits humains et une pareille violation de la Constitution et de l'état de droit", déclare-t-il.

La mobilisation actuelle redonne un peu d'espoir à Maryse Balthazar, qui suit anxieusement l'évolution des procédures. "Nous avons beaucoup de gens qui se battent pour nous", dit-elle. "En groupe, on peut gagner. Seul, c'est difficile".















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