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Renouveau industriel : "Rien ne justifie que des produits standardisés soient encore fabriqués en Europe"

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Un timide sourire ou une légère inquiétude ? Difficile de trouver la réaction adéquate face au bilan de santé de l'industrie, dévoilé cette semaine par Bpifrance, la banque publique d’investissement : si la France a vu naître 50 usines de plus en 2025 qu’en 2024 - avec un total de 245 l'an dernier - le rideau s'est baissé sur 244 sites. Certains, comme Brandt en décembre, ont marqué les esprits. Et la série noire semble se poursuivre en ce début d'année avec la verrerie Arc, placée en redressement judiciaire en janvier. Déjà en queue du peloton européen en matière de poids de l’industrie dans son PIB, la France peine à enrayer l'hémorragie de ses filières historiques.

Aux confins de Mulhouse, dans une immense bâtisse en briques, on réfléchit intensément à la question. Cette friche industrielle de la Société alsacienne de constructions mécaniques - l'ancêtre d'Alstom - abrite aujourd'hui Kilomètre zéro (Km0), laboratoire de l’innovation dans l’industrie au travers de sa transformation numérique. Entièrement privé, il accueille aussi bien des start-up que des équipes issues de grands groupes, comme Eiffage. A sa tête, un tandem singulier : Gérald Cohen, professeur à l’université de Haute-Alsace, et Patrick Rein, chef d’entreprise.

Penser une industrie soutenable

Refusant le défaitisme, le duo ne manque pas d’idées pour réimaginer le paysage industriel tricolore. Avec une conviction : plutôt que de rembobiner l’ancien film, il faut révolutionner l'approche. "Il serait inutile de réindustrialiser en ajoutant de la capacité de production sans changer notre modèle de pensée, plaide Gérald Cohen. Il faut concevoir la nouvelle industrie à travers la question de la soutenabilité et de la durée de vie." Ce qui implique de se recentrer sur certaines filières… et d'en délaisser d’autres. "A l’avenir, rien ne justifie que des produits standardisés - comme les téléphones ou les voitures - soient encore fabriqués en Europe, complète Patrick Rein. L’industrie du continent se repositionnera sur des segments à plus faibles volumes mais à plus forte valeur ajoutée. Nous avons un avantage comparatif sur la production sur-mesure de qualité, comme les cuisines Schmidt par exemple. Il faut aussi admettre qu’elle sera plus coûteuse."

Un problème, à l’heure où les Chinois se livrent à une concurrence féroce sur les prix. Pour améliorer la compétitivité européenne, Emmanuel Macron avait esquissé l'idée d'investissements croisés avec Pékin. Tout juste revenu de Chine, Gérald Cohen juge l’idée peu convaincante. "Comment voulez-vous qu’une entreprise chinoise vienne faire un transfert de technologie là où on modifie les règles du jeu en permanence ? En Europe, le net zero en 2050, c'est de la théorie. En Chine, c'est une stratégie. Alors si vous n'êtes pas en phase en termes de stratégie, il n'y a pas d’intérêt à faire de joint ventures." Les tergiversations de Bruxelles sur des sujets réglementaires - comme la fin des véhicules thermiques en 2035 ou la loi sur la déforestation - ne jouent certes pas en faveur de l'attractivité du continent.

Réduire les normes plutôt que subventionner

Alors, à qui la faute de notre déclin industriel ? Dans son ouvrage intitulé La Désindustrialisation de la France: 1995-2015 (Odile Jacob, 2022), le patron de Bpifrance Nicolas Dufourcq pointait notamment du doigt l’alourdissement des charges et la rigidité du droit du travail. Un diagnostic partagé par Patrick Rein. "La véritable catastrophe, aujourd’hui, c'est la fiscalité. Des salaires aussi fortement taxés empêchent l’accès aux biens haut de gamme. Tant que cela ne changera pas, on n'arrivera pas à faire renaître l'industrie". Faut-il s'inspirer de nos voisins helvétiques ? "La Suisse est un pays à forte pénétration industrielle, mais les rémunérations y sont trois fois supérieures aux nôtres. Avec des salaires bas, les gens continueront à acheter des produits chinois pas chers ou de la fast-fashion."

Mettre des pansements sur des jambes en bois est une spécialité française. Ailleurs, cette pratique interroge. Anna Stellinger, numéro deux du Medef suédois, confiait récemment à L'Express un tout autre état d'esprit dans son pays : "Notre Etat Providence ne va pas s’acharner à soutenir des secteurs qui n’ont plus d’avenir. Il ne faut pas hésiter à laisser les entreprises et les branches mourir quand elles ne sont plus compétitives." Pour Patrick Rein, un brin de pragmatisme ne ferait pas de mal. "Ce n’est pas à coups de subventions que l’on va arriver à sauver les entreprises, mais en leur simplifiant la vie, en baissant les charges salariales, en réduisant des règles administratives et des normes qui les étouffent."

Pour les deux dirigeants, la question de la réindustrialisation gagnerait aussi à englober plus d'acteurs. "Les PME industrielles sont aujourd’hui les grandes oubliées du débat, alerte Gérald Cohen. On parle beaucoup de la start-up nation et des grands groupes. Lorsqu'on a dit, après le Covid, qu’il fallait "réindustrialiser" la France, le message a été perçu comme très violent pour les milliers d’industriels qui produisaient déjà sur notre territoire." Les chiffres de Bpifrance révèlent en fait un panorama nuancé : tandis que les grands groupes et les PME affichent un solde d'ouvertures négatif, le renouveau industriel est tiré par des start-up. Pour combien de temps ?















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