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Municipales à Marseille: Payan repart seul face au RN, LFI et la droite sous pression

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Fermant la porte dès dimanche soir à tout rapprochement avec le député LFI Sébastien Delogu qui l'a traité en retour "d'irresponsable", Benoît Payan, 48 ans, a déposé sa liste dès lundi matin en préfecture, entouré de ses colistiers, l'air confiant et déterminé.

"On a toujours été très clair", "face au Rassemblement national, il n'y a ni compromission ni tambouille ni arrangement" mais "il faut de l'union, de la clarté et du rassemblement", a-t-il déclaré à la presse.

Dans la deuxième ville de France, le maire sortant, à la tête d'une coalition de gauche, écologiste et citoyenne, est arrivé d'une courte tête (36,70%) devant le député du RN Franck Allisio (35,02%).

"Je suis assez inquiète de ce qui va se passer au deuxième tour. Je suis inquiète par la montée de l'extrême droite, et j'espère que les Marseillais vont pouvoir se rassembler pour poursuivre une politique de vivre ensemble", confie Estelle Lasfargues, orthophoniste de 48 ans interrogée par l'AFPTV.

LFI est arrivé quatrième à 11,94% et la question d'un éventuel retrait de cette liste se pose donc sérieusement.

Lundi matin, les regards sont tournés aussi vers la candidate du centre et de droite Martine Vassal, aux abonnés absents depuis dimanche soir, sans doute meurtrie par son très faible score (12,41%) pour cette personnalité locale de 63 ans qui préside la métropole Aix-Marseille-Provence et le département des Bouches-du-Rhône.

Déjà en 2020, elle avait essuyé une cuisante défaite, ne permettant pas à son camp de garder la ville qui était dirigée depuis 25 ans par le LR Jean-Claude Gaudin.
"Chacun sait ce qu'il a à faire"
Si elle se retirait, ce serait la fin d'une ère politique dans cette grande ville la plus pauvre de France. Le maire de Nice, Christian Estrosi, en ballotage défavorable face à son rival Eric Ciotti, a été le premier dans son camp à lui demander de se retirer, espérant que la gauche face de même sur la Côte d'Azur.

Franck Allisio espérait aussi récolter les fruits de ce mauvais résultat: "On échange avec le maximum de personnes (...) Nous tendons la main à tout le monde mais c’est à Martine Vassal de dire ce qu'elle souhaite faire", a-t-il dit sur BFMTV.

Et les tractations semblent maintenant s'être déplacées à Paris. Le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, appelant "solennellement" la France insoumise comme Martine Vassal à "se retirer" dans la cité phocéenne.

"Ce que fait monsieur Benoît Payan est extrêmement dangereux", a vilipendé la cheffe des députés Insoumis Mathilde Panot sur BFMTV.

Dimanche soir, les militants marseillais insoumis semblaient déjà résignés. "C'est sûr, on aurait préféré être en position de force. Mais l'essentiel, c'est que la gauche ne perde pas cette ville. Chacun sait ce qu'il a à faire pour que ça n'arrive pas", déclare Fabien, 39 ans, qui n'a pas souhaité pas donner son nom de famille à l'AFP.

Les Marseillais, qui n'ont pas accouru aux urnes avec une participation de 52,17% inférieure à la moyenne nationale, semblent, à l'image des résultats, très divisés.

"On espère vraiment qu’Allisio reprenne Marseille en main. Que les gens peuvent aller à la Canebière, se promener sans risque, qu'il n'y a plus de drogue qui circule", lâche Sandra Dahan, 53 ans, commerçante sur un marché.

"Moi, je pense qu'au deuxième tour, le RN risque de passer. Franchement. Je ne sais pas ce que ça sera pour Marseille. Si ça sera mieux ou pire, on verra", dit Béatrice Paul, 62 ans, qui travaille à la caisse primaire d'assurance maladie.















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