Joel Embiid, la plus belle surprise de la saison ?
Qui avait encore l'espoir de voir Joel Embiid dominer les débats sur un terrain NBA ? Diminué par son genou gauche, l’intérieur des Philadelphia Sixers avait dû stopper net sa saison 2024-2025 après seulement 19 matches disputés.
Face à des pépins physiques devenus chroniques, le doute était total. L’hypothèse d’un "medical retirement" avait même été évoquée ! Une procédure permettant aux 76ers d’effacer de leur masse salariale le contrat XXL d’Embiid si un médecin indépendant le déclarait "inapte" après une année sans jouer.
Un scénario très extrême, qui n'a jamais vu le jour. Car le natif de Yaoundé a bien retrouvé les terrains sur cet exercice 2025-2026. Rouillé - surveillé et limité dans son temps de jeu - sur les premières semaines de compétition, il a progressivement retrouvé ses sensations. Et depuis la mi-décembre, sa montée en puissance est devenue impossible à ignorer.
Joel Embiid "mauvais" en claquant 40 points !
Le symbole de ce retour en force ? Embiid se permet de se trouver "mauvais" dans sa plus belle performance offensive de sa saison : 40 points contre les New Orleans Pelicans (124-114) la nuit dernière. Un paradoxe révélateur.
Car le pivot des 76ers a bel et bien eu un rôle déterminant dans la victoire de son équipe. En inscrivant 17 points dans le dernier quart-temps, il a fait basculer cette partie en faveur de son équipe. En l'absence de Paul George, suspendu pour 25 matches, Embiid a pris ses responsabilités.
"En fait, je pense que j'ai fait un mauvais match. J'ai raté beaucoup de tirs faciles. L'efficacité n'était pas au rendez-vous, mais je suis content que nous ayons réussi à nous imposer dans le 4ème quart-temps. Nous avons réussi quelques stops défensifs et avons fait les bons choix", a-t-il souligné devant les médias.
Effectivement, Joel Embiid aurait pu faire mieux. A 13/27 aux tirs, il n'a pas toujours été efficace pour finir ses actions. Mais le terme "mauvais match" n'est pas adapté. Ce discours en dit surtout long sur ses standards actuels et sur les attentes qu’il a de nouveau envers lui-même.
Les fans des 76ers, eux, n'ont pas manqué de saluer son impact avec des chants nourris "MVP, MVP" ! Et de son côté, Tyrese Maxey a apprécié l'apport global de son partenaire, également auteur de 11 rebonds et 4 passes décisives.
"Il est vraiment bon au basket. Et c'est une bonne chose. Et je ne cherche pas à être drôle. Il joue aussi de la bonne manière. Il fait participer les autres, fait circuler le ballon. Je pense que le plus important pour lui en ce moment, c'est le niveau de confiance qu'il a envers ses coéquipiers", a noté Maxey.
Même en étant "mauvais", Joel Embiid a donc enchaîné un 7ème match consécutif à au moins 29 points. Et sur les six derniers matches, il tourne à 33,2 points (à 50% à trois points), 9 rebonds et 5,8 passes décisives de moyenne.
Paul George suspendu pour dopage !
Même lui est surpris...
A l'échelle de la NBA, l'intérieur des 76ers incarne très certainement la plus belle surprise de cet exercice 2025-2026. Au moins sur le plan individuel. Si l'espoir de le revoir à un niveau "décent" existait, personne ne l'imaginait redevenir, même ponctuellement, l'un des joueurs les plus dominants de la planète.
Sur plusieurs séquences, on l'a vu lui-même étonné de ses propres capacités physiques. En célébrant, avec ses partenaires, certaines de ses actions. Au fil des semaines, il a gagné en fluidité au niveau de ses mouvements. En confiance et en sérénité aussi par rapport à son genou.
Au repos forcé pendant deux jours après chaque match en début de saison, il se montre désormais en capacité d'enchaîner. Une évolution qu’il n’anticipait pas lui-même.
"Mon jeu ? Honnêtement, c’est surprenant. Au début de l’année, je pensais que cette année allait être un grand test pour moi. Donc elle représente déjà une réussite. J’avais l’impression qu’il fallait d’abord déterminer les étapes, la manière de procéder et surtout comprendre comment mon genou allait réagir au quotidien.
Mais cela ne change rien à ma mentalité, je veux m’améliorer chaque jour. Continuer à pousser et à voir... Comme je l’ai dit, à la base, ça devait être une année d’essai pour l’année suivante et l’avenir, voir comment tout gérer", a-t-il partagé.
Et dans cette "renaissance" inattendue, le rôle d'un homme doit aussi être mis en avant : Simon Rice, le vice-président de la section "Athlete Care" aux 76ers. Face à la presse, Embiid a tenu à rendre un bel hommage à "l'unique personne" qui l'a soutenu.
"Son nom n'a pas été mentionné. Mais je pense qu’un gars comme Simon Rice a probablement été la personne clé dans tout ça. Je dirais que tout le monde m'avait probablement abandonné. C'est lui qui a continué à chercher une solution... Je lui suis vraiment reconnaissant, car il a été cette unique personne", a insisté Joel Embiid.
Sans parler de ses stats, de l'avenir ou de son contrat, le renouveau de Joel Embiid représente déjà une victoire sur le fatalisme qui l'entourait. A 31 ans, il offre à sa carrière un second souffle presque inespéré. Celui d'un talent qui refuse de disparaître.
